L’affaire qui secoue le monde de l’immobilier à Bobo-Dioulasso a connu un premier rebondissement judiciaire ce vendredi 4 septembre 2026. Le procès de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Wendkouni Joël Lionel Bilgo et de son directeur exécutif Vincent de Paul Kaboré, gérants de la Société immobilière Traoré et Frères (SITRAF), a été ouvert au Tribunal de Grande Instance de Bobo-Dioulasso avant d’être immédiatement renvoyé au 18 septembre prochain. Le procureur du Faso a sollicité et obtenu ce renvoi afin de procéder à des actes de poursuite complémentaires. Les deux prévenus demeurent en détention.
Tout commence le 19 août 2026, lorsque le commissariat central de police de Bobo-Dioulasso est alerté sur des activités suspectes menées par la SITRAF. Une enquête minutieuse est aussitôt ouverte. Les investigations révèlent que la société exploite trois sites, dont deux à Léguéma couvrant une superficie totale de 197 hectares, et un troisième à Lôgôfourousso d’une superficie de 16 hectares. Sur ces sites, des chantiers sont en cours de construction. Une perquisition au siège de la société permet de saisir plusieurs documents compromettants, dont des attestations d’attribution de parcelles.
La contradiction est flagrante. La SITRAF disposait bien d’un agrément, le numéro 2026-003/MUH/CAB du 12 janvier 2026, l’autorisant à construire une cité sur chacun des trois sites, mais pas à procéder au morcellement et à la vente de parcelles nues, ni à en faire la publicité, en violation des articles 2, 4 et 11 de la loi n°2023-008/ALT du 20 juin 2023 portant promotion immobilière au Burkina Faso. Plusieurs témoins ont confirmé avoir acheté des parcelles auprès de la SITRAF, le nombre exact de lots vendus restant encore à déterminer.
Les faits reprochés sont passibles de peines allant de six mois à dix ans d’emprisonnement, ainsi que d’amendes pouvant atteindre 100 millions de FCFA par hectare aménagé et le double du montant des parcelles vendues. Placés sous mandat de dépôt le 28 août 2026, Lionel Bilgo et Vincent de Paul Kaboré restent derrière les barreaux dans l’attente du prochain rendez-vous judiciaire fixé au 18 septembre 2026.
Lionel Bilgo n’est pas un inconnu du grand public. Ancien ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues nationales sous la transition burkinabè, il se retrouve aujourd’hui à la barre en tant que gérant de société immobilière. Cette affaire illustre la vigilance croissante des autorités judiciaires burkinabè face aux dérives dans le secteur foncier, un domaine où les arnaques et les ventes illégales de terrains ont longtemps floué de nombreux acquéreurs.
Burkina Média
