À l’occasion de la 14e Semaine nationale de la médecine traditionnelle et alternative (SNMTA), ouverte le 31 août 2026 à Manga, la directrice de la médecine traditionnelle et alternative, Dr Mariam Bagagnan, a annoncé que plus de 18 médicaments traditionnels sont désormais homologués et officiellement reconnus pour leur utilisation sur le territoire national.
L’homologation n’est pas un simple tampon administratif. Elle implique une évaluation approfondie de l’efficacité et de l’innocuité des produits, garantissant aux populations que les remèdes qu’elles utilisent répondent à des standards de qualité et de sécurité vérifiés. Pour Dr Bagagnan, cette démarche est non négociable. « L’autorisation d’exercer, l’homologation des produits et l’évaluation de leur efficacité et de leur innocuité constituent des mécanismes essentiels de protection des usagers », a-t-il précisé.
Ce cadre est d’autant plus crucial que plus de 80% de la population burkinabè recourt régulièrement à la médecine traditionnelle pour traiter différentes pathologies, selon l’OMS. Un recours massif qui impose à l’État une responsabilité claire sur la qualité et la sécurité des produits mis à disposition.

Le processus d’homologation des médicaments traditionnels s’appuie sur des années de recherche et d’expérimentation. Le Dr Esaïe Kindo, chef de service de médecine traditionnelle au ministère de la Santé, rappelle que ce patrimoine constitue « une ressource sanitaire, scientifique, culturelle et économique de grande valeur », mais que son exploitation doit impérativement se faire dans « la rigueur scientifique, la légalité, l’éthique et la protection de la santé publique. »
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La gouverneure de la région du Nazinon, Massadolo Yvette Nacoulma/Sanou, a résumé l’enjeu en une formule claire : « La souveraineté sanitaire ne signifie ni repli sur soi, ni rejet de la science. » Une complémentarité entre savoirs endogènes et preuves scientifiques qui constitue le socle de la politique nationale de médecine traditionnelle.

L’ambition lors de cette 14e SNMTA va plus loin que la simple homologation. Le thème de cette édition, « Introduction des médicaments traditionnels améliorés dans les directives nationales de prise en charge des maladies au Burkina Faso : défis et opportunités pour l’atteinte de la souveraineté sanitaire », annonce une prochaine étape : faire entrer ces médicaments dans les protocoles officiels de traitement des maladies.
Une évolution majeure qui permettrait aux patients de bénéficier de remèdes traditionnels validés scientifiquement dans les structures de santé publique, aux côtés des médicaments conventionnels.
Source : mministère de la santé
