Hommage | Ces enseignants qui portent l’avenir du Burkina sur leurs épaules.

Aujourd’hui, Burkina Média fait une pause. Pas pour parler de politique, d’économie ou de faits divers. Mais pour rendre hommage à celles et ceux qui, chaque matin, prennent le chemin de l’école pour transmettre ce qu’aucune nation ne peut construire sans eux : le savoir, les valeurs et l’espoir.

Ils sont parfois moqués, parfois réduits à l’image de celui qui entre dans une salle de classe avec une craie à la main. Pourtant, derrière chaque médecin, chaque ingénieur, chaque magistrat, chaque journaliste, chaque entrepreneur, chaque militaire ou chaque fonctionnaire, il y a d’abord eu un enseignant. Celui qui apprend les premières lettres et les premiers chiffres. Celui qui corrige les premières fautes, explique encore lorsque l’élève n’a pas compris, encourage celui qui doute et rappelle la valeur du travail, de la discipline, du respect et de la vie en communauté.

Au Burkina Faso, enseigner n’est pas toujours une mission exercée dans des conditions faciles. Certains enseignants parcourent de longues distances pour rejoindre leur école. D’autres travaillent dans des zones difficiles d’accès, empruntent des pistes, traversent des espaces isolés et doivent composer avec des moyens parfois limités. Et malgré les difficultés, beaucoup continuent de tenir leur rôle : transmettre.

Dans les zones touchées par l’insécurité, certains ont également continué à assurer la continuité éducative aussi longtemps que les conditions le permettaient.

En 2025, l’État a notamment reconnu et intégré dans la Fonction publique 479 enseignants communautaires titulaires du Certificat d’aptitude pédagogique, après des années consacrées à maintenir l’enseignement dans des zones confrontées à d’importants défis sécuritaires. Ces parcours rappellent la réalité selon laquelle derrière les statistiques de l’éducation, il y a des femmes et des hommes qui font quotidiennement le choix de transmettre.

Une nation commence par une salle de classe

On peut construire des routes, des barrages, des hôpitaux, des usines et des infrastructures. Mais aucune nation ne peut durablement avancer sans former celles et ceux qui devront les concevoir, les construire, les entretenir et les faire fonctionner. L’enseignant prépare les futurs médecins, ingénieurs, agriculteurs, artisans, chercheurs, entrepreneurs, journalistes, soldats et responsables publics. Il ne construit donc pas seulement une carrière individuelle. Il contribue, élève après élève, à construire une société.

C’est pourquoi imaginer un Burkina sans enseignants, c’est imaginer un pays où des générations d’enfants seraient privées de la première étape de leur parcours vers l’âge adulte et la responsabilité.

Le mérite commence aussi par la reconnaissance

Le travail des enseignants a aussi fait l’objet de plusieurs gestes de reconnaissance ces dernières années. En mai 2026, la deuxième édition de la Semaine de reconnaissance de l’étudiant à l’enseignant a notamment placé les enseignants au cœur d’une démarche de gratitude autour du thème : « Mon enseignant, pilier de ma formation et de mes valeurs ». Des enseignants ont reçu des certificats de reconnaissance.

En août 2025, lors de la Journée nationale de l’excellence scolaire, 26 enseignants avaient également été distingués pour leur engagement et leurs performances. Parmi eux, une enseignante du primaire avait reçu une distinction particulièrement importante, comprenant notamment un trophée, une villa et une récompense financière.

Ces gestes ne suffisent évidemment pas à résumer le mérite de toute une profession. Mais ils rappellent une chose essentielle : le travail de l’enseignant mérite d’être reconnu, respecté et valorisé.

À quelques jours de la rentrée, un encouragement et un souhait

À quelques jours de la rentrée scolaire du 1er octobre, cet hommage est aussi l’occasion d’encourager nos enseignants à reprendre le chemin des classes avec la même détermination.

Et parce que rendre hommage, c’est aussi reconnaître les difficultés, Burkina Média souhaite que les efforts en faveur de leurs conditions de vie et de travail puissent se poursuivre, dans la mesure des possibilités du pays. Le Président du Faso l’a lui-même reconnu récemment. Lors de son échange avec les lauréates du concours Hakili Mousso, le Capitaine Ibrahim Traoré a déclaré : « Je sais que les conditions de vie et de travail de nos enseignants ne sont pas faciles. Nous sommes bien conscients et nous espérons finir avec cette guerre pour vraiment prendre soin de vous, parce que nous ne saurons nous développer sans l’éducation, c’est impossible. »

Cette reconnaissance est importante. Car demander de meilleures conditions pour les enseignants, ce n’est pas seulement parler de leur situation professionnelle. C’est aussi parler de la qualité de l’éducation et, au-delà, de l’avenir du pays.

À ceux qui tiennent encore la craie

À l’enseignant qui entre dans sa classe malgré la fatigue.

À celui qui répète une leçon jusqu’à ce que l’élève comprenne.

À celle qui corrige des dizaines de cahiers après une longue journée.

À celui qui prend le temps de conseiller un enfant en difficulté.

À ceux qui travaillent loin de leurs familles, parfois dans des conditions difficiles.

À ceux qui ont dû quitter leur école à cause de l’insécurité.

Et à ceux qui sont tombés alors qu’ils accomplissaient leur mission.

Burkina Média vous salue.

Avant de construire les grands hommes et les grandes femmes d’une nation, il faut construire l’enfant. Et celui qui pose les premières fondations de cette construction, c’est l’enseignant.

À tous les enseignants du primaire du Burkina Faso nous vous disons Merci. Courage pour cette nouvelle rentrée. Le Burkina a besoin de vous.

Le Burkina a besoin de vous.

La rédaction

Burkina Média

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