Le gouvernement burkinabè appelle les populations au calme après les expulsions de ressortissants burkinabè de Guinée. Dans un entretien accordé à la Radiodiffusion télévision du Burkina (RTB), la ministre de la Famille et de la Solidarité, le lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré/Kabré, a assuré que des dispositions seraient prises pour garantir la tranquillité de toutes les communautés vivant au Burkina Faso, en particulier celle de la Guinée.
Un appel à la retenue adressé aux populations
Alors que des messages appelant à des représailles contre les ressortissants guinéens circulent à la suite des événements survenus en Guinée, la ministre a tenu à condamner ces initiatives. Elle a invité leurs auteurs à faire preuve de calme et de retenue, tout en rassurant les Guinéens établis au Burkina Faso.
« Il n’est pas question qu’un Guinéen soit inquiété par la situation qui vient de se passer », a-t-elle déclaré.
Elle a également affirmé que le gouvernement prendrait les dispositions nécessaires pour préserver la tranquillité des différentes communautés.La ministre a précisé que l’exécutif burkinabè ne se reconnaissait aucunement dans les appels à la représaille.
« Le gouvernement n’est ni de près ni de loin mêlé à ces mots d’ordre qui sont en train de fuser de part et d’autre », a-t-elle insisté.
Le panafricanisme invoqué pour rejeter les représaillesPour la ministre, toute participation à des actes de représailles contre les Guinéens irait à l’encontre des valeurs défendues par les autorités burkinabè. Elle estime que de tels comportements remettraient en cause le caractère panafricaniste de la Révolution progressiste populaire.
« Nous restons profondément africains, profondément panafricanistes et toutes les communautés sont les bienvenues au Burkina Faso », a-t-elle rappelé.
Ce message vise à éviter que les conséquences des opérations menées en Guinée ne se répercutent sur les ressortissants de ce pays vivant au Burkina Faso. Les autorités entendent ainsi distinguer la situation des Burkinabè concernés par les expulsions du traitement réservé aux communautés étrangères présentes sur le territoire national.
Le retour des Burkinabè, un enjeu humanitaire
Ces déclarations interviennent dans un contexte marqué par le départ de nombreux Burkinabè qui exerçaient des activités sur des sites d’orpaillage artisanal en Guinée, notamment dans la région de Siguiri. Les opérations engagées par les autorités guinéennes contre l’exploitation minière artisanale clandestine ont entraîné leur déplacement vers le Mali, pays de transit avant leur retour au Burkina Faso.
Le 6 novembre 2026, un premier convoi de 3 400 ressortissants burkinabè est arrivé à Bobo-Dioulasso à bord de 48 cars en provenance du Mali. Un dispositif d’accueil et d’assistance a été mis en place pour leur prise en charge, notamment sur les plans sanitaire et psychosocial.
La ministre a également évoqué une situation évolutive, dont l’ampleur exacte doit encore être établie. Selon des déclarations rapportées par la presse, les autorités burkinabè estimaient à environ 50 000 le nombre de personnes concernées, dans l’attente de données consolidées par l’enregistrement biométrique.
Le gouvernement burkinabè entend donc assurer le retour et l’accompagnement de ses ressortissants tout en préservant la sécurité et la tranquillité des communautés étrangères vivant sur son territoire.
