Le ministre de l’Enseignement secondaire, de la Formation technique et professionnelle, Pr Moumouni Zoungrana, annonce une révision des contenus enseignés dans les écoles burkinabè, notamment en histoire, en géographie et en éducation civique. Une réforme qui vise notamment à revoir certains termes utilisés dans les manuels scolaires et à mieux mettre en avant les valeurs et les réalités africaines.
Intervenant sur la question de la révision des curricula, le ministre estime que certains mots utilisés pour présenter l’histoire de l’Afrique ne correspondent plus à la lecture que les autorités souhaitent transmettre aux élèves. Il s’est notamment attaqué à la manière dont sont présentés les Européens arrivés en Afrique durant les périodes de conquête.
« Quand vous prenez nos manuels d’histoire, il y a des expressions qui ne nous honorent pas », a déclaré Moumouni Zoungrana.
Il estime que certains acteurs présentés comme des « explorateurs » ou des « conquérants » devraient être décrits autrement.
« Ceux qui sont venus conquérir l’Afrique, on les appelle des explorateurs, des conquérants. Est-ce que c’étaient des conquérants ? C’étaient des espions. […] C’étaient des envahisseurs », a-t-il affirmé.
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Des termes jugés inadaptés
Pour le ministre, la réforme des programmes ne doit pas se limiter à modifier quelques chapitres. Elle doit également permettre de revoir le vocabulaire utilisé pour raconter l’histoire du continent et de mettre davantage en valeur les sociétés, les cultures et les références africaines.
« Nous avons pris la ferme résolution de relire ces curricula, de relire les contenus et d’extirper les mots qui sont en train de nous infantiliser, de nous animaliser », a-t-il expliqué.
Le ministre souhaite également introduire de nouveaux contenus consacrés aux valeurs qu’il considère comme importantes pour la société burkinabè.
« Nous avons pris la même résolution d’ajouter d’autres chapitres qui font la promotion de nos valeurs et éliminer les chapitres qui sont en train de nous tirer vers le bas », a-t-il indiqué.
Un livret pour accompagner les enseignants
La révision annoncée concerne notamment l’histoire, la géographie et l’éducation civique.
Selon les informations communiquées par le ministère, un livret d’accompagnement doit être mis à la disposition des enseignants dès la rentrée, dans l’attente de la production de nouveaux manuels scolaires. Cette réforme intervient dans un contexte plus large de transformation du système éducatif burkinabè. En avril 2026, le ministère avait déjà engagé une réflexion sur la production et la révision des manuels scolaires et ouvrages didactiques pour les différents niveaux d’enseignement.
Le parcours du Pr Moumouni Zoungrana donne également une dimension particulière à cette orientation. Enseignant-chercheur en lettres modernes à l’Université Joseph Ki-Zerbo, il est notamment spécialiste de littérature orale et des cultures africaines. Il a consacré sa thèse de doctorat à la contribution des textes oraux moose à la formation des écoliers du primaire. La réforme annoncée devrait donc toucher à la fois le contenu des enseignements et la manière de raconter certaines pages de l’histoire.
Pour le gouvernement, l’enjeu est de construire une école davantage ancrée dans les réalités et les valeurs du Burkina Faso, tout en donnant aux élèves une lecture plus critique de leur histoire. La mise en œuvre des nouveaux contenus est annoncée pour la prochaine rentrée scolaire, avec un accompagnement spécifique des enseignants.
Burkina Média
