Conseil des ministres : 315 Martyrs et 10 Invalides de la Nation reconnus, « Faso Sanya » créé pour la maintenance des bâtiments publics.

Le Conseil des ministres du Burkina Faso a adopté, ce jeudi 24 septembre 2026, plusieurs textes touchant à la reconnaissance des victimes des événements récents, à l’encadrement des organisations non gouvernementales, à l’entretien du patrimoine public et à la modernisation du système de santé. La réunion était présidée par le Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, Chef de l’État. Parmi les décisions annoncées figurent notamment la reconnaissance de 315 personnes comme Martyrs de la Nation et de 10 personnes comme Invalides de la Nation, ainsi que la création d’un nouvel établissement public consacré à la maintenance des bâtiments de l’État. Le Conseil a également adopté de nouvelles règles encadrant l’obtention du statut d’ONG et un projet de loi portant Code de la santé publique.

315 Martyrs et 10 Invalides de la Nation reconnus

Au titre de la Primature, deux décrets ont été adoptés en application de la loi du 10 juin 2022 portant statut de Martyr et d’Invalide de la Nation. Ces textes reconnaissent officiellement la qualité de Martyr de la Nation à 315 personnes et celle d’Invalide de la Nation à 10 personnes. Cette reconnaissance concerne des citoyens présentés par le Gouvernement comme s’étant illustrés par leur bravoure et leur sacrifice au cours des événements politiques, sociaux et sécuritaires récents.

Les Invalides de la Nation bénéficient notamment de la gratuité du transport et des soins publics, d’une prise en charge psychosociale ainsi que de la prise en charge de leurs enfants mineurs en qualité de pupilles de la Nation. Pour les familles des personnes reconnues comme Martyrs, les mesures comprennent notamment la prise en charge des enfants mineurs comme pupilles de la Nation, un accompagnement psychosocial des ayants droit ainsi que la prise en charge des frais de transport et d’inhumation.

Cette nouvelle reconnaissance vient compléter les dispositifs déjà adoptés dans le cadre de la loi de 2022. En février 2026, le Conseil des ministres avait déjà reconnu 454 personnes comme Martyrs de la Nation et 87 comme Invalides de la Nation.

« Faso Sanya » pour assurer la maintenance des bâtiments publics

Le Conseil a également décidé de mettre en place « Faso Sanya », un Établissement public à caractère administratif chargé de l’entretien et de la maintenance des édifices publics.

La nouvelle structure doit intervenir sur différents besoins, notamment le nettoyage, la plomberie, l’électricité, la climatisation et les travaux de rénovation. L’objectif est de répondre plus rapidement aux problèmes d’entretien des bâtiments administratifs, alors que les procédures classiques peuvent ralentir certaines interventions.

Aboubacar Nakanabo, ministre de l’économie

« Faso Sanya » travaillera avec la Maison des Compétences Burkina Suudu Bawdè, notamment pour mobiliser des coopératives regroupant des ouvriers qualifiés.

À travers ce dispositif, le Gouvernement entend donc mettre davantage l’accent sur la maintenance régulière du patrimoine immobilier de l’État, plutôt que d’attendre la dégradation des infrastructures avant d’intervenir.

Les ONG soumises à de nouvelles obligations

Autre décision importante : le Conseil des ministres a adopté deux décrets définissant les conditions d’obtention du statut d’organisation non gouvernementale au Burkina Faso.

Désormais, les associations de droit burkinabè souhaitant obtenir le statut d’ONG devront disposer d’un accord-cadre, tandis que les organisations étrangères devront être régies par une convention de siège. Les organisations déjà concernées disposeront d’une période de transition pour se conformer aux nouvelles dispositions. Les comptes rendus disponibles évoquent un délai de deux ans pour cette mise en conformité. Mais la principale évolution annoncée concerne l’utilisation des ressources.

Les ONG intervenant au Burkina Faso devront désormais consacrer au moins 80 % de leur budget global aux investissements directs sur le terrain.

Le Gouvernement justifie cette exigence par la volonté de faire en sorte qu’une part plus importante des financements mobilisés au nom des populations bénéficiaires se traduise par des actions concrètes. Cette réforme introduit ainsi une exigence supplémentaire de conformité et d’orientation des ressources pour les organisations souhaitant intervenir sous le statut d’ONG au Burkina Faso.

Vers un nouveau Code de la santé publique

Dans le domaine sanitaire, le Conseil des ministres a adopté un projet de loi portant Code de la santé publique. La réforme intervient alors que le texte actuellement en vigueur remonte à 1994. Le ministère de la Santé avait déjà souligné, lors des travaux préparatoires engagés en 2020, la nécessité d’actualiser un cadre juridique devenu insuffisant face à l’évolution des pratiques médicales, des technologies et des besoins sanitaires. Le nouveau projet de Code entend notamment renforcer la régulation du système de santé et mieux encadrer plusieurs domaines.

Robert L.J.C Kargougou, ministre de la santé

Parmi les innovations annoncées figurent l’intégration de dispositions relatives au don d’organes, la promotion du secteur privé de santé et la reconnaissance explicite des soins palliatifs à différents niveaux de la pyramide sanitaire.

Le texte prévoit également un renforcement de la vigilance sanitaire et de la régulation du marché pharmaceutique, ainsi que la création d’un corps de réserve sanitaire.La médecine légale et la chirurgie plastique feront également l’objet d’un encadrement renforcé.

Plusieurs réformes autour d’un même objectif

Les décisions prises lors de ce Conseil touchent ainsi à des secteurs très différents, mais avec des implications concrètes pour l’action publique.

La reconnaissance des Martyrs et Invalides de la Nation renforce le dispositif de prise en charge des personnes concernées et de leurs familles. La création de « Faso Sanya » introduit un nouvel outil consacré à l’entretien des bâtiments publics. La réforme du statut des ONG cherche à renforcer leur encadrement et à orienter une part importante de leurs ressources vers les actions directes.

Dans le secteur de la santé, la révision du Code doit surtout permettre d’adapter le cadre juridique à des pratiques et à des enjeux qui ont fortement évolué depuis l’adoption du texte de 1994.

Au total, le Conseil des ministres du 24 septembre marque donc une série de changements à la fois institutionnels, administratifs et sociaux, dont la mise en œuvre permettra d’apprécier concrètement la portée au cours des prochains mois.

Source : Conseil des ministres du 24 septembre

Burkina Média

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *