Budget 2026 : l’Assemblée législative du peuple adopte la loi de finances rectificative.

L’Assemblée Législative du Peuple (ALP) a adopté, ce mercredi 23 septembre 2026, le projet de loi de finances rectificative pour l’exécution du budget de l’État, exercice 2026. Le texte, approuvé à l’unanimité, revoit à la hausse les prévisions budgétaires à la faveur de performances jugées meilleures que prévu dans la mobilisation des recettes publiques.

Au cœur de cette révision : 301 milliards de FCFA de recettes supplémentaires. Ces ressources doivent notamment permettre de renforcer les investissements structurants et de soutenir la mise en œuvre du Plan RELANCE, la stratégie gouvernementale destinée à accélérer la transformation économique du Burkina Faso. Le projet avait été transmis à l’ALP après son adoption en Conseil des ministres en juillet.

Les recettes progressent, les marges d’investissement aussi

La révision du budget intervient dans un contexte marqué par une progression des recettes publiques. À fin juin 2026, le gouvernement faisait état de 1 972,85 milliards de FCFA mobilisés, sur une prévision annuelle initiale de 3 431,53 milliards de FCFA. Sur la même période, les dépenses exécutées s’élevaient à 1 853,44 milliards de FCFA, soit un taux d’exécution de 47,30 %. Avec la loi de finances rectificative, les recettes budgétaires totales passent ainsi de 3 431,53 milliards à 3 728,53 milliards de FCFA. Les dépenses budgétaires sont également réévaluées, de 3 918,29 milliards à 4 215,29 milliards de FCFA.

Malgré cette hausse des dépenses, le déficit budgétaire reste fixé à 486,76 milliards de FCFA, au même niveau que dans la loi de finances initiale. Le changement notable concerne l’épargne budgétaire. Celle-ci devrait atteindre 908,03 milliards de FCFA, contre 669,68 milliards initialement prévus, soit une progression d’environ 35,6 %.

Plus de 900 milliards de FCFA d’épargne budgétaire

C’est cette amélioration de l’épargne budgétaire que le ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, présente comme une marge supplémentaire pour financer les investissements.

« L’épargne budgétaire, c’est ce qui reste quand on couvre les dépenses de fonctionnement par les recettes ordinaires. »

Dr Aboubakar Nacanabo, ministre burkinabè de l’économie

Selon le ministre, les recettes ordinaires permettent désormais de dégager plus de 900 milliards de FCFA après couverture des dépenses ordinaires, contre un niveau inférieur dans les prévisions initiales.Pour le gouvernement, cette situation crée donc une capacité supplémentaire pour financer des projets d’investissement sans modifier le niveau du déficit budgétaire prévu.

Le Plan RELANCE au cœur des nouveaux arbitrages

L’un des principaux objectifs de cette loi rectificative est de donner davantage de moyens à certains investissements prévus dans le cadre du Plan RELANCE.

Le gouvernement avait déjà expliqué, lors de la présentation du projet aux députés, que l’amélioration du recouvrement des recettes permettait d’envisager de nouvelles dépenses, notamment dans l’investissement. Des mesures fiscales et budgétaires avaient également été intégrées au texte, notamment des exonérations destinées à accompagner le secteur de l’élevage dans le cadre de l’Offensive agro-pastorale et halieutique.

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La reconduction d’un dispositif adopté en 2023 en faveur des petites et moyennes entreprises figurait également parmi les mesures examinées dans le cadre de cette révision budgétaire.

Les régies de recettes saluées

À l’issue du vote, Aboubakar Nacanabo a salué le travail accompli par les régies de recettes, dont les performances ont contribué à l’amélioration des perspectives budgétaires.

Le ministre a également adressé ses félicitations aux contribuables pour leur civisme fiscal. Il a toutefois appelé les responsables chargés de l’exécution des budgets à transformer cette mobilisation des ressources en résultats concrets.

« Chaque franc investi puisse contribuer à transformer qualitativement la vie des Burkinabè », a-t-il notamment souhaité.

Un budget réajusté dans un contexte de mobilisation accrue des ressources

L’adoption de cette loi marque ainsi une nouvelle étape dans l’exécution du budget 2026. Le collectif budgétaire ne modifie pas seulement les montants inscrits dans la loi de finances initiale : il traduit aussi la volonté du gouvernement d’utiliser l’amélioration des recettes pour renforcer les investissements considérés comme prioritaires.

Le défi se situe désormais dans l’exécution. Avec des recettes révisées à 3 728,53 milliards de FCFA, des dépenses portées à 4 215,29 milliards et une épargne budgétaire dépassant 908 milliards de FCFA, l’enjeu sera de convertir ces marges financières en investissements effectivement réalisés et en résultats mesurables pour les populations.

Burkina Média

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