Burkina : LAAFIAKO, une plateforme pour recueillir et traiter les plaintes des usagers des services de santé.

Le ministère de la Santé a officiellement lancé, le lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou, LAAFIAKO, un dispositif destiné à recueillir, analyser et traiter les préoccupations des usagers des formations sanitaires publiques et privées. Accessible par plusieurs canaux, cette plateforme prévoit un délai de traitement annoncé de dix jours et un retour d’information aux personnes ayant soumis une requête.

Un canal pour faire entendre la voix des patients

Le système de santé burkinabè se dote d’un nouvel outil de communication et de redevabilité. Baptisée « LAAFIAKO », cette plateforme numérique a été présentée au public le lundi 2 novembre 2026 à Ouagadougou par le ministre de la Santé, Dr Robert Lucien Jean-Claude Kargougou. Le dispositif vise à permettre aux citoyens de signaler les difficultés rencontrées dans les structures sanitaires, de formuler des réclamations et de proposer des pistes d’amélioration. Il concerne aussi bien les établissements publics que privés.

Pour le ministre, la qualité d’un système de santé ne dépend pas uniquement de ses infrastructures, de ses équipements ou des prestations proposées. Elle repose également sur sa capacité à écouter les populations, à prendre en compte leurs préoccupations et à apporter des réponses aux difficultés signalées.Quatre catégories de requêtes prises en compte

LAAFIAKO permet aux usagers de soumettre quatre grandes catégories de requêtes.

Il s’agit, premièrement, des dénonciations de faits présumés contraires à l’éthique ou à la réglementation. Deuxièmement, des réclamations liées aux insatisfactions concernant les prestations ou la prise en charge. Troisièmement, des demandes d’informations relatives aux droits des patients et aux services disponibles. Enfin, les citoyens peuvent transmettre des suggestions pour contribuer à l’amélioration du fonctionnement des structures sanitaires.

Le dispositif s’adresse aux patients, aux professionnels de santé, aux organisations de la société civile et, plus largement, à l’ensemble des citoyens.

Plusieurs moyens pour saisir le dispositif

Afin de faciliter l’accès à la plateforme, le ministère a prévu plusieurs canaux de communication. Les usagers peuvent notamment soumettre leurs préoccupations en ligne à l’adresse https://laafiako.minsante.bf, appeler le numéro vert 3535 ou envoyer un message WhatsApp au 52 25 30 30.

Le dispositif s’appuie également sur les Services d’accueil et d’information (SAI), qui comptent 108 services et 233 collaborateurs mobilisés à différents niveaux du système sanitaire. Une page Facebook dédiée complète ces moyens de contact. Cette diversité de canaux vise à permettre aux populations de faire remonter leurs préoccupations, y compris à celles qui ne disposent pas nécessairement d’un accès facile aux outils numériques.

Un délai annoncé de dix jours pour le traitement des requêtes

Selon les explications du ministre de la Santé, chaque requête reçue sera enregistrée, analysée puis orientée vers la structure compétente. En fonction de sa nature, elle pourra faire l’objet de vérifications, d’investigations ou de mesures correctives. Le dispositif prévoit également un retour d’information au requérant sur la prise en charge de sa préoccupation et les suites qui lui sont réservées. Le délai de traitement annoncé est de dix jours. Les dossiers nécessitant des investigations complémentaires feront toutefois l’objet d’un suivi particulier.

La coordination de LAAFIAKO est assurée par le Secrétariat général du ministère de la Santé, à travers les services d’accueil et d’information, avec un mécanisme de suivi-évaluation.

Un outil dont l’efficacité dépendra de son appropriation

Avec LAAFIAKO, le ministère de la Santé entend renforcer le dialogue entre les usagers et les structures sanitaires, mais aussi améliorer la transparence et la qualité des prestations offertes aux populations.

Le lancement de cette plateforme constitue une avancée dans la mise en place de mécanismes permettant aux patients de faire connaître leurs difficultés et d’obtenir un suivi de leurs préoccupations. Toutefois, son efficacité dépendra de la capacité des services concernés à traiter effectivement les requêtes, à apporter des réponses et à mettre en œuvre les corrections nécessaires.

Le ministre a ainsi invité les citoyens à s’approprier cet outil et les responsables des formations sanitaires à accorder toute l’attention nécessaire aux préoccupations qui leur seront transmises. Au-delà de son lancement, le véritable enjeu sera donc de faire de chaque plainte, signalement ou suggestion une occasion d’améliorer concrètement les services de santé au Burkina Faso.

Burkina Média

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