En marge de la 81e Assemblée générale des Nations unies, la diplomatie burkinabè a engagé une série de rencontres bilatérales avec plusieurs partenaires. Le 22 septembre, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, s’est successivement entretenu avec des responsables des États-Unis, du Maroc et de Singapour.
Ces échanges ont porté sur la consolidation des relations bilatérales, la coopération économique et sécuritaire, mais également sur les perspectives de nouveaux partenariats fondés sur le respect mutuel et les intérêts réciproques.
Avec Washington, l’accent sur le dialogue et la souverainetéLa première rencontre a réuni Karamoko Jean Marie Traoré et Frank W. Garcia Jr., responsable américain chargé des affaires africaines. Les deux délégations ont fait le point sur les avancées enregistrées récemment dans les relations entre le Burkina Faso et les États-Unis, notamment dans les secteurs de la sécurité et de l’économie.

Échanges entre délégation burkinabè et americain
Selon la partie burkinabè, ces avancées interviennent après une période marquée par des incompréhensions ayant affecté la coopération entre Ouagadougou et Washington. Le dialogue et l’écoute auraient depuis permis de rétablir des échanges plus constructifs.Frank Garcia Jr. a réaffirmé l’engagement des États-Unis à inscrire leur partenariat avec le Burkina Faso dans une démarche tenant compte de la souveraineté des États et des intérêts mutuels, avec une concertation régulière.
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Karamoko Jean Marie Traoré a, de son côté, appelé Washington à poursuivre cette dynamique. Il a notamment insisté sur la nécessité d’une lecture qu’il souhaite plus objective de la situation burkinabè.
« Ces Etats sous-estiment nos potentialités et surestiment nos défis. Aujourd’hui nous apprécions la sincérité qui guide nos relations avec les Etats-Unis. Nous demandons une lecture objective de notre contexte et un partenariat qui nous permet de trouver des solutions durables », a déclaré le ministre.

Karamoko Jean Marie Traoré, chef de la diplomatie burkinabè
Le chef de la diplomatie burkinabè a également évoqué les erreurs qui, selon lui, ont marqué certaines étapes de la coopération, notamment des appréciations qu’il estime avoir été influencées par des préjugés ou par des considérations géopolitiques.
Avec Rabat, une coopération Sud-Sud appelée à se renforcer
Le ministre burkinabè s’est ensuite entretenu avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Les discussions ont porté sur l’état de la coopération entre Ouagadougou et Rabat et sur les moyens de lui donner davantage de contenu.
Les deux pays disposent déjà d’un cadre de coopération multisectoriel. La 5e Commission mixte de coopération, tenue en décembre 2025, avait notamment abouti à la signature de 14 instruments, comprenant des accords et mémorandums couvrant entre autres l’agriculture, le commerce, la sécurité, la formation professionnelle, les infrastructures, la jeunesse et l’habitat. À New York, les deux ministres ont réaffirmé leur volonté de poursuivre cette dynamique afin de faire de la relation Burkina-Maroc un exemple concret de coopération interafricaine fondée sur des intérêts partagés.

Karamoko Jean Marie Traoré et son homologue marocain, Nasser Bourita
Karamoko Jean Marie Traoré a par ailleurs salué l’initiative du roi Mohammed VI en faveur du désenclavement des pays du Sahel et de leur accès à l’océan Atlantique. Cette initiative constitue désormais l’un des sujets de coopération évoqués entre le Maroc et les pays sahéliens. Lors de la rencontre de New York, le ministre burkinabè a indiqué que les échanges portaient également sur les prochaines étapes de cette démarche.
Ouagadougou veut relancer le partenariat avec Singapour
La troisième rencontre de la journée a concerné Singapour. Karamoko Jean Marie Traoré a échangé avec Vivian Balakrishnan, ministre singapourien des Affaires étrangères, sur les perspectives de coopération entre les deux pays. Le responsable singapourien occupe ce portefeuille depuis 2015. Les discussions ont notamment porté sur les opportunités dans le domaine des affaires ainsi que sur le partage d’expériences dans les technologies de l’information et de la communication.

Karamoko Jean Marie Traoré et Vivian Balakrishnan, ministre singapourien des Affaires étrangères
Répondant aux préoccupations de son homologue, le ministre burkinabè a présenté la situation du Burkina Faso en mettant l’accent sur les potentialités du pays et sur la volonté des autorités de développer des partenariats reposant sur le respect mutuel et la recherche d’intérêts communs. Les deux parties ont également évoqué la possibilité d’organiser des visites officielles réciproques. Celles-ci devraient permettre d’identifier plus précisément les secteurs de coopération et de transformer les échanges diplomatiques en projets concrets.
Trois partenaires, trois axes de coopération
À travers ces trois rencontres, la diplomatie burkinabè cherche ainsi à donner davantage de contenu à ses relations avec des partenaires aux profils différents. Avec Washington, les échanges mettent en avant la reprise du dialogue autour de la souveraineté et des intérêts mutuels. Avec Rabat, l’accent est mis sur une coopération Sud-Sud déjà structurée par plusieurs accords. Avec Singapour, Ouagadougou explore de nouvelles possibilités dans les affaires et les technologies.

Photo de famille entre burkinabè et marocains
Ces rencontres s’inscrivent dans la série d’activités bilatérales menées par la délégation burkinabè en marge de la 81e Assemblée générale de l’ONU, avec l’objectif affiché de diversifier et de renforcer les partenariats du Burkina Faso.
Burkina Média
