Burkina Faso–Türkiye : vers un accord de défense et de sécurité pour renforcer la lutte contre le terrorisme.

Les deux pays ont évoqué la conclusion d’un accord de défense et de sécurité lors de leur première session de consultations politiques, tenue le 20 octobre 2026 à Ankara. Les discussions ont également porté sur la santé, l’agriculture, l’industrie, les mines et l’énergie.

Le Burkina Faso et la République de Türkiye entendent approfondir leur coopération dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment celui de la défense et de la sécurité. Cette perspective a été évoquée à l’occasion de la première session de consultations politiques entre les deux pays, tenue le 20 octobre 2026 au ministère turc des Affaires étrangères, à Ankara. La rencontre a réuni les délégations burkinabè et turque, respectivement conduites par l’ambassadeur Hermann Yirigouin Toé, secrétaire général du ministère burkinabè des Affaires étrangères, et l’ambassadeur Volkan Isikci, directeur général pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre au ministère turc des Affaires étrangères.

La sécurité au cœur des échanges

Face à la menace terroriste dans la région du Sahel, la délégation burkinabè a présenté les évolutions géopolitiques intervenues dans la sous-région, notamment la création de la Confédération des États du Sahel (AES), qui regroupe le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Hermann Yirigouin Toé a invité Ankara à développer des partenariats avec les pays membres de la Confédération, particulièrement dans le domaine de la lutte contre le terrorisme. Il a souligné la nécessité d’une « solidarité internationale concrète » pour faire face à cette menace.

De son côté, le représentant turc a réaffirmé l’engagement de son pays à continuer de soutenir le Burkina Faso dans ses efforts en faveur de la sécurité, de la souveraineté et de la défense de son intégrité territoriale. La partie turque a également exprimé son souhait de voir les deux États parvenir à la signature d’un accord de défense et de sécurité.

Cette perspective constitue l’un des principaux points à retenir de ces consultations. Toutefois, les informations publiées à l’issue de la rencontre ne précisent ni le contenu détaillé d’un éventuel accord, ni son calendrier de signature, ni les modalités concrètes de sa mise en œuvre.

Une coopération qui dépasse le domaine militaire

Au-delà des questions sécuritaires, les échanges ont porté sur plusieurs secteurs susceptibles de renforcer les relations bilatérales. Les deux délégations ont notamment abordé l’éducation, la formation professionnelle et technique, la santé, l’agriculture, l’élevage, le développement industriel ainsi que les investissements dans les mines et l’énergie.

Dans le domaine sanitaire, le chef de la délégation burkinabè a salué l’accompagnement de la Türkiye dans le renforcement des compétences nationales en matière de transplantation rénale. Il a également plaidé pour la mise en place d’un circuit de visas sanitaires d’urgence destiné aux patients burkinabè et à leurs accompagnants.

Cette démarche s’inscrit dans l’ambition des autorités burkinabè de renforcer les infrastructures et les compétences médicales nationales afin de réduire, à terme, le recours aux évacuations sanitaires à l’étranger.

Sur le plan économique et commercial, l’ambassadeur Volkan Isikci a estimé que les deux pays disposaient d’un potentiel important à exploiter. Il a notamment évoqué la possibilité de mettre le savoir-faire turc au service du Burkina Faso pour approfondir leur coopération.

Vers de nouveaux mécanismes de coopération

Les consultations ont également débouché sur un accord de principe pour examiner une convention de partenariat entre les instituts diplomatiques burkinabè et turc. Une telle initiative pourrait contribuer au renforcement des échanges d’expériences et de compétences entre les deux administrations diplomatiques.

À l’issue des travaux, Hermann Yirigouin Toé a salué des échanges qu’il a qualifiés de francs et fondés sur la confiance. Il a estimé que cette première session constituait un cadre de dialogue utile pour ouvrir la voie à des discussions plus constructives. Les deux pays se projettent désormais vers la quatrième session de leur Commission mixte de coopération, prévue en 2027 à Ouagadougou. La concrétisation de ces différentes perspectives, en particulier celle d’un accord de défense et de sécurité, permettra de mieux apprécier la portée opérationnelle de ce rapprochement entre Ouagadougou et Ankara.

Burkina Média

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