Le ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, SEM Karamoko Jean Marie Traoré, accompagné du ministre délégué Bêbgnasgnan Stella Eldine Kaboré/Kabré, a reçu en audience ce 1er juin 2026 à Ouagadougou une délégation du Portugal composée de l’Envoyée spéciale pour l’Afrique et de l’Envoyé spécial pour le Sahel. Une visite qui traduit l’intérêt croissant de Lisbonne pour mieux cerner les réalités d’un espace sahélien en pleine recomposition.
L’Envoyée spéciale du Portugal pour l’Afrique, Madame Rita Laranjinha, a été claire sur les raisons de cette démarche. La délégation est venue chercher auprès des autorités burkinabè une lecture juste de la situation que traverse l’ensemble de l’espace confédéral, ainsi que la position adoptée par les dirigeants de l’AES dans leurs relations avec leurs partenaires.

La Confédération des États du Sahel, regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger, s’est imposée depuis sa création en juillet 2024 comme un acteur incontournable de la géopolitique africaine. Portée par une volonté affichée de souveraineté et de développement endogène, elle a progressivement construit sa propre doctrine diplomatique, défendant des positions communes sur la scène internationale, notamment lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025.
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Au-delà de la question sahélienne, les échanges ont également porté sur le multilatéralisme. Le chef de la diplomatie burkinabè a souligné la nécessité pour les acteurs internationaux d’avoir une meilleure connaissance des contextes réels avant de prendre des décisions. Une remarque qui résonne avec les critiques régulièrement formulées par les pays de l’AES à l’endroit de certains partenaires qu’ils accusent d’agir sans tenir compte des réalités du terrain.

SEM Traoré a par ailleurs exprimé les attentes des pays du Sahel vis-à-vis des envoyés spéciaux. Pour lui, ces personnalités doivent être véritablement au fait de la situation de la zone où elles sont envoyées, être en permanence à l’écoute de ceux qui vivent le contexte et s’accorder avec les autorités nationales sur les méthodes d’évaluation de la situation.
Au terme des échanges, Madame Laranjinha a indiqué que la délégation repart avec une meilleure perception de la situation au Sahel. Elle a annoncé que le Portugal continuera d’envoyer des délégations à Ouagadougou, dans le sens de renforcer la coopération avec le Burkina Faso et la Confédération AES.

De son côté, le Burkina Faso a réaffirmé sa disposition à poursuivre le partenariat avec le Portugal, en particulier sur les questions liées au multilatéralisme. Une ouverture qui confirme que malgré les repositionnements stratégiques opérés par les pays de l’AES ces dernières années, le dialogue avec les partenaires européens reste possible, à condition qu’il repose sur une compréhension mutuelle et un respect des souverainetés.
Burkina Média
