AES et CPI : les États-Unis saluent le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cour pénale internationale.

Les États-Unis ont officiellement salué la décision du Burkina Faso, du Mali et du Niger de se retirer de la Cour pénale internationale (CPI), affichant une position rare de convergence avec les trois pays de la Confédération des États du Sahel (AES) sur cette question.

Dans une publication datée du 17 juillet 2026, le Bureau des affaires africaines du Département d’État américain a indiqué que le secrétaire d’État adjoint, Troy Fitrell Garcia, s’est entretenu avec le ministre malien des Affaires étrangères. Au cours de cet échange, Washington a salué la décision du Mali d’engager officiellement son retrait de la CPI.

Les autorités américaines ont réaffirmé qu’elles « respectent la décision de chaque nation de quitter une Cour accusée de pratiquer une justice sélective et des procédures judiciaires instrumentalisées ». Elles ont également exprimé leur volonté de poursuivre leur coopération avec les trois États de l’AES sur les questions de sécurité régionale et d’autres priorités communes.

Le Niger a été le premier des trois pays à notifier officiellement son retrait auprès des Nations unies en juin 2026. Le Burkina Faso et le Mali ont ensuite suivi la même procédure auprès du Secrétaire général de l’ONU, conformément aux dispositions du Statut de Rome.

En vertu de ce traité, le retrait ne devient effectif qu’un an après la notification officielle. Pour le Burkina Faso et le Mali, cette échéance est fixée au 24 juin 2027. Cette démarche fait suite à la décision politique annoncée en septembre 2025 par les trois États de l’AES, qui avaient alors déclaré leur intention de quitter la CPI, dénonçant une justice internationale appliquée de manière sélective.

Si Washington et les pays de l’AES convergent aujourd’hui sur leur appréciation critique de la CPI, leurs motivations restent différentes.Les États-Unis contestent depuis plusieurs années la compétence de la Cour à l’égard de leurs ressortissants et dénoncent des procédures qu’ils jugent politisées.

De leur côté, le Burkina Faso, le Mali et le Niger estiment que la CPI applique le Statut de Rome de manière sélective et ne répond plus aux exigences d’une justice internationale impartiale. Les trois pays affirment vouloir renforcer des mécanismes judiciaires régionaux capables de répondre aux défis sécuritaires et judiciaires du Sahel.

La CPI regrette ces départsFace à ces retraits, l’Assemblée des États parties à la CPI a exprimé son regret et invité les trois pays à poursuivre le dialogue avec l’institution. Malgré cet appel, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont confirmé leur décision.

Cette prise de position des États-Unis en faveur du retrait des pays de l’AES illustre une évolution notable du débat international autour de la Cour pénale internationale, dont la légitimité est désormais contestée par des États aux profils et aux intérêts géopolitiques très différents.

Burkina Média

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