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Économie : les pays de l’AES maintiennent une croissance positive en 2026, mais avec des rythmes différents.

Les trois économies de la Confédération des États du Sahel (AES) devraient maintenir une croissance positive en 2026, mais à des rythmes différents. Selon les projections du Fonds monétaire international (FMI) disponibles en 2026, le Niger devrait enregistrer une croissance de 7 %, le Mali 5,5 % et le Burkina Faso 3,6 %. Derrière ces chiffres se dessinent trois trajectoires économiques distinctes, portées par des moteurs différents et confrontées à des risques spécifiques.

Au Niger, le pétrole et l’agriculture portent la croissance

Avec 7 % de croissance attendue en 2026, le Niger affiche la progression la plus élevée des trois économies de l’AES. Le pays avait enregistré une croissance de 6,9 % en 2025, et le FMI prévoit que cette dynamique se poursuivra en 2026, principalement grâce à l’agriculture et au secteur extractif. La montée des exportations pétrolières constitue l’un des principaux moteurs de cette dynamique. Entre janvier 2025 et mai 2026, 40,8 millions de barils de pétrole brut ont été exportés. L’or et l’uranium contribuent également à améliorer les comptes extérieurs du pays. Le déficit courant devrait ainsi passer de 3,7 % du PIB en 2025 à 3 % en 2026.

L’agriculture joue également un rôle important, portée par de bonnes conditions pluviométriques en 2025 et le développement des infrastructures d’irrigation. Le secteur reste ainsi l’un des principaux piliers de l’économie nigérienne.

Sur le plan budgétaire, le déficit s’est établi à 2,9 % du PIB en 2025. Il devrait remonter à 3,4 % en 2026, notamment en raison des dépenses liées à la reconstruction après les chocs climatiques et au soutien aux populations vulnérables.

Cette trajectoire reste toutefois exposée à plusieurs risques, notamment la situation sécuritaire, les chocs climatiques, le coût du financement et la diminution des financements concessionnels extérieurs.

Au Mali, l’or comme levier de reprise

Le FMI projette une croissance de 5,5 % en 2026 au Mali. Après une année 2025 marquée par le recul de la production aurifère, les perturbations de l’approvisionnement en carburant, les coupures d’électricité et les difficultés sécuritaires, l’économie malienne devrait renouer avec une dynamique plus favorable.

La reprise attendue repose notamment sur une hausse de la production d’or, mais aussi sur une amélioration progressive de l’activité économique, du climat des affaires et du crédit. La résolution du différend minier avec le groupe canadien Barrick Gold devrait également favoriser la reprise de la production aurifère.

Selon le rapport du FMI publié en juillet 2026, la production d’or devrait progressivement se redresser en 2026, avec une production d’au moins 10 tonnes attendue sur le site concerné, contre moins de 3 tonnes en 2025. Le règlement du différend devrait également générer des recettes supplémentaires pour l’État et soutenir les exportations. L’inflation devrait rester relativement contenue, autour de 2,2 % à 2,5 % en 2026 selon les différentes projections du FMI.

Les risques demeurent toutefois importants. Une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire, le retour des difficultés d’approvisionnement en carburant, le coût élevé du financement sur le marché régional ou encore les conséquences du conflit au Moyen-Orient sur les prix du pétrole, des engrais et des produits alimentaires pourraient peser sur les perspectives maliennes.

Au Burkina, une économie renforcée en 2025, mais des perspectives revues à la baisse

Le Burkina Faso aborde 2026 avec des fondamentaux renforcés par la performance enregistrée en 2025. Selon le FMI, la croissance économique a atteint 5,3 % en 2025, après 4,8 % en 2024. Cette progression a notamment été portée par la hausse de l’activité minière, stimulée par les cours élevés de l’or, ainsi que par les réformes engagées dans le secteur minier.

La performance du secteur aurifère a également contribué au renforcement de la position extérieure du pays. Le solde courant est passé d’un déficit de 3,5 % du PIB en 2024 à un excédent de 6,3 % en 2025. Sur le plan budgétaire, le déficit global a été ramené de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,8 % en 2025. Ces données rejoignent les éléments déjà rapportés par Burkina Média sur le redressement de l’économie burkinabè en 2025. Elles doivent toutefois être distinguées des projections établies pour 2026.

Pour cette année, le FMI prévoit désormais une croissance de 3,6 %, contre 4,9 % dans une projection antérieure du Fonds. Le gouvernement burkinabè avait, de son côté, présenté des perspectives nationales plus élevées dans le cadre du Plan RELANCE 2026-2030, avec une croissance projetée à 5,7 % en scénario tendanciel, pouvant atteindre 7,7 % avec la mise en œuvre du plan.

L’écart entre ces projections tient notamment à la date de leur établissement, aux hypothèses retenues et à l’évolution du contexte économique. La nouvelle prévision du FMI intègre notamment les effets de la hausse des prix internationaux des engrais et des produits pétroliers liée au conflit au Moyen-Orient. Le Fonds estime que ces évolutions pèsent sur les perspectives macroéconomiques à court terme, la balance des paiements et la sécurité alimentaire. Le secteur agricole devrait particulièrement subir ces effets.

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Selon le rapport du FMI, la production agricole pourrait se contracter de 5 % en 2026, notamment en raison des perturbations dans l’approvisionnement en engrais et de la hausse du coût du carburant utilisé pour les équipements agricoles. Les risques liés à la situation sécuritaire, à la diminution de l’aide humanitaire et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement restent également présents. Pour autant, la baisse de la projection de croissance pour 2026 ne remet pas en cause la performance enregistrée en 2025, qui a marqué une accélération de l’activité économique burkinabè.

L’or et le secteur minier demeurent ainsi des moteurs essentiels de l’économie. L’enjeu consiste désormais à transformer davantage les recettes et les performances du secteur extractif en investissements productifs, en emplois, en transformation locale et en diversification de l’économie.

Trois économies en croissance, trois trajectoires différentes

Les projections actuelles du FMI font apparaître trois rythmes de croissance pour les économies de l’AES en 2026 :

  • Niger : 7 % — croissance principalement portée par l’agriculture et le secteur extractif, notamment le pétrole ;
  • Mali : 5,5 % — reprise soutenue notamment par la remontée de la production aurifère et le redressement progressif de l’activité ;
  • Burkina Faso : 3,6 % — économie toujours soutenue par le secteur minier et les exportations d’or, mais confrontée à des pressions plus fortes sur l’agriculture et aux effets des chocs extérieurs.

La comparaison montre ainsi des économies qui restent en croissance, mais dont les moteurs ne sont pas identiques. Le Niger bénéficie de la montée en puissance de son secteur pétrolier et de l’agriculture, le Mali mise notamment sur la reprise de sa production aurifère, tandis que le Burkina Faso continue de s’appuyer fortement sur le secteur minier après une année 2025 particulièrement dynamique. Au-delà des taux de croissance, l’enjeu pour les trois pays sera de transformer cette progression du PIB en investissements productifs, emplois, transformation locale des matières premières et amélioration durable des conditions de vie.

La croissance du pétrole et des activités extractives au Niger, la reprise attendue de la production aurifère au Mali et la robustesse du secteur minier burkinabè offrent des ressources importantes. La capacité des trois économies à mieux valoriser ces ressources, à renforcer les échanges commerciaux au sein de l’AES et à diversifier leurs activités au-delà des matières premières constituera un enjeu majeur des prochaines années.

Sources : FMI, rapports et projections économiques 2026 ; données officielles du Burkina Faso

Burkina Média

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