Burkina Faso : le casque devient obligatoire dès le 1er octobre, derrière cette décision, 841 morts sur les routes en 8 mois.

Mahamadou SANA Mahamadou SANA

À partir du 1er octobre 2026, la tolérance prend fin sur les routes du Burkina Faso. Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a publié ce 15 septembre un communiqué annonçant l’application stricte de l’obligation du port du casque pour tous les conducteurs d’engins motorisés à deux ou trois roues. Les contrevenants s’exposeront à une amende de 3 000 FCFA et à l’immobilisation de leur engin.

Les données parlent d’elles-mêmes. Au premier semestre 2026, le Burkina Faso a enregistré 11 143 accidents de la circulation, faisant 8 997 blessés et 649 décès. Sur les huit premiers mois de l’année, le pays comptait au total 14 403 accidents, 11 803 blessés et 841 décès sur les lieux des sinistres.

Le lien entre le non-port du casque et la mortalité est direct et documenté. Selon les statistiques de l’ONASER, 90% des victimes impliquées dans des accidents de motos ne portaient pas de casque au moment des faits. Pourtant, sur 1 716 personnes impliquées dans des accidents au niveau national en août, seulement 410 portaient un casque, soit 24%, contre 1 306 personnes non casquées représentant 76%.

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L’imprudence constitue la principale cause des accidents avec 31% des cas recensés, suivie par l’inattention responsable de 22% des accidents, puis par l’excès de vitesse qui représente 15% des cas. Les jeunes adultes de 15 à 44 ans représentent plus de 80% des blessés et concentrent 58% des décès, confirmant une exposition dramatique de cette frange active de la population.

Le ministère de la Sécurité précise que la décision ne tombe pas sans préavis. Une période de tolérance avait été observée jusqu’ici, durant laquelle les contrevenants étaient essentiellement sensibilisés et refoulés sans faire l’objet de sanctions. Cette approche pédagogique laisse désormais la place à une application ferme de la loi. À partir du 1er octobre, tout conducteur sans casque sera sanctionné sans exception, avec immobilisation de l’engin jusqu’à présentation d’un équipement conforme.

Cette mesure s’inscrit dans un arsenal répressif mis en place par le gouvernement burkinabè en 2026. En août dernier, la vidéo-verbalisation a été déployée à Ouagadougou, permettant de relever plus d’un millier d’infractions en quelques heures. Pour le ministre de la Sécurité, les nouvelles mesures ont contribué à une plus grande prudence sur les routes, estimant que la vidéo-verbalisation a renforcé la responsabilité des automobilistes à Ouagadougou, tandis que le port du casque contribue à la protection et à une meilleure concentration des conducteurs de deux-roues.

L’obligation du casque n’est qu’un volet d’une ambition plus large. Le gouvernement a adopté fin 2025 une Stratégie nationale de sécurité routière 2026-2030, avec pour objectif de réduire de 50% le nombre de décès sur les routes d’ici 2030. Une cible ambitieuse qui nécessite non seulement des sanctions, mais aussi une transformation durable des comportements au volant et une amélioration des infrastructures routières.

Le ministre appelle l’ensemble des citoyens à faire du respect des règles de sécurité routière une responsabilité collective, particulièrement à l’approche de la rentrée scolaire, période qui s’accompagne traditionnellement d’une intensification du trafic et d’une augmentation des risques d’accidents. Le message, porter un casque, c’est choisir de rentrer chez soi.

Source : ministère de la sécurité

Burkina Média

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