Le Président de la République du Niger, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, a procédé à un renouvellement du commandement des Forces armées nigériennes (FAN). Plusieurs nominations à de hautes fonctions militaires ont été prises par décrets le vendredi 11 septembre 2026.
Le Général de brigade Mamane Sani Kiaou est nommé Chef d’État-Major des Armées (CEMA), en remplacement du Général de Division Moussa Salaou Barmou. Cette décision intervient après un peu plus de trois années de présence de ce dernier à la tête de l’état-major, depuis le changement de régime de juillet 2023.
Avant sa nomination, Mamane Sani Kiaou dirigeait l’Armée de Terre. L’Agence Nigérienne de Presse le présentait encore, les 9 et 10 septembre, comme chef d’état-major de cette composante, notamment lors de missions d’inspection et de travail auprès des unités militaires dans les régions d’Agadez et de Zinder.
Le nouvel homme fort de l’état-major dispose d’une expérience opérationnelle dans plusieurs zones confrontées aux violences armées. Des sources le présentent notamment comme un ancien commandant engagé dans les opérations dans les régions de Tillabéri, à l’ouest, et de Diffa, dans le sud-est du Niger.
Ce changement intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible pour les autorités nigériennes. Les 28 et 29 août 2026, une mutinerie avait éclaté à la Base 101 de Niamey, située à proximité de l’aéroport international Diori Hamani. Selon le ministère nigérien de la Défense, des militaires avaient retenu des membres des forces armées et ouvert le feu sur des sites sensibles avant que le mouvement ne soit circonscrit.
La réorganisation du commandement intervient ainsi moins de deux semaines après ces événements. Selon l’Associated Press, la mutinerie avait duré près de 24 heures et avait nécessité l’intervention des forces de la Garde présidentielle, avec un appui du corps Africa Corps russe. Plusieurs mutins auraient été tués ou arrêtés, tandis que trois membres de la Garde présidentielle auraient également perdu la vie.
Les autorités nigériennes n’ont toutefois pas officiellement présenté la nomination de Mamane Sani Kiaou comme une conséquence directe de la mutinerie. Aucun motif n’a été communiqué pour expliquer le remplacement du Général Moussa Salaou Barmou. Le remaniement est néanmoins intervenu dans la foulée de cette crise au sein de l’appareil militaire.
Le changement à la tête des FAN intervient alors que le Niger poursuit la réorganisation de son dispositif de défense depuis le coup d’État de juillet 2023 et la rupture progressive avec plusieurs partenaires militaires occidentaux. Niamey s’est notamment rapproché de la Russie dans le cadre de sa nouvelle orientation sécuritaire.
Avec la nomination de Mamane Sani Kiaou, le commandement des Forces armées nigériennes passe donc sous la responsabilité d’un officier disposant d’une expérience de terrain, alors que les autorités de Niamey sont confrontées à la persistance de la menace des groupes armés et à la nécessité de maintenir la cohésion au sein de l’appareil militaire.
Burkina Média
