La polémique sur les primes accordées aux Étalons Dames lors de la CAN féminine 2026 connaît un nouvel éclairage. Dans une interview accordée au quotidien Sidwaya, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara, affirme qu’aucune prime due aux joueuses n’a été supprimée ou réduite.
Selon la ministre, les vérifications effectuées auprès des services concernés montrent que les joueuses et les membres de l’encadrement technique ont bien perçu leurs primes pour les matchs aller et retour disputés contre le Togo, conformément aux barèmes en vigueur et en tenant compte des deux regroupements. Elle assure que les opérations financières sont encadrées par des états de paiement et des pièces justificatives permettant d’en assurer la traçabilité.
« Pour la CAN féminine 2026, aucune prime n’a été coupée », affirme Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara.
Elle invite par ailleurs toute personne disposant d’éléments contraires à les produire afin que les autorités puissent procéder aux vérifications nécessaires.
La ministre revient également sur le nouveau cadre réglementaire applicable aux primes. L’arrêté conjoint n°2026-0052/MSJE/MEF du 15 juillet 2026 a abrogé et remplacé les dispositions antérieures de 2024 et fixe désormais les nouveaux barèmes applicables aux Étalons seniors Dames et à leur encadrement technique.
Lire aussi 👉 Recrutement d’un nouveau sélectionneur et du sélectionneur adjoint des Étalons dames.
Pour la CAN, la prime de sélection et de regroupement est fixée à 1 million de FCFA par joueuse et à 2 millions de FCFA pour l’entraîneur national. La prime de qualification est de 500 000 FCFA par joueuse et de 1 million de FCFA pour l’entraîneur, avec un versement au prorata du nombre de matchs disputés lors des éliminatoires.
En phase de groupes, chaque joueuse bénéficie de 500 000 FCFA par victoire, tandis qu’un match nul donne droit à la moitié de cette somme. Des primes de performance sont ensuite prévues selon le parcours réalisé, 1,5 million de FCFA en quart de finale, 2,5 millions en demi-finale et 5 millions en cas de victoire en finale.
Concernant les comparaisons faites avec le Mali, où des montants de 10 millions de FCFA ont circulé sur les réseaux sociaux pour les joueuses, la ministre appelle à la prudence. Elle indique ne pas disposer de confirmation officielle de ces montants et rappelle que chaque État définit sa propre politique de prise en charge des équipes nationales.
« Il n’existe donc pas de barème universel en la matière », explique-t-elle, estimant que le Burkina Faso doit surtout tenir compte de ses propres réalités et des moyens disponibles.
Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara souligne par ailleurs que la question des primes ne concerne pas uniquement le football féminin. Selon elle, plusieurs sélections nationales burkinabè ont participé par le passé à des compétitions internationales sans bénéficier de primes de l’État, principalement en raison de contraintes financières.
La ministre rappelle que le Burkina Faso compte une quarantaine de structures sportives et de loisirs et que la participation de ces disciplines aux compétitions internationales représente une charge importante pour les finances publiques. Elle reconnaît également que les subventions destinées aux fédérations peuvent connaître des retards en raison de difficultés dans la production des pièces justificatives. Certaines structures tarderaient notamment à fournir les documents nécessaires à la justification des fonds reçus.
Au-delà de la question financière, la ministre veut inscrire son action dans une réforme du sport burkinabè. Elle ambitionne de faire du secteur un levier de développement économique, de création d’emplois, de cohésion sociale et de rayonnement du pays.
« Notre ambition est de faire de ces trois secteurs des leviers majeurs de transformation sociale, d’épanouissement de notre jeunesse et de développement de notre pays », affirme-t-elle en évoquant l’articulation entre sport, jeunesse et emploi.
Les Initiatives présidentielles sur la Relève sportive (IP-RELIS) figurent parmi les principaux chantiers annoncés. Elles doivent notamment contribuer à améliorer la détection et la formation des jeunes talents, depuis l’école jusqu’au haut niveau.
Le sport féminin occupe également une place importante dans cette vision. Forte de son expérience dans l’administration du football féminin, Annick Pikbougoum/Zingué Ouattara entend renforcer l’accompagnement des sportives, améliorer leurs conditions d’entraînement et faciliter leur accès aux infrastructures et aux équipements.
Elle insiste également sur la nécessité de préparer l’après-carrière des athlètes afin que leur parcours sportif puisse s’accompagner d’une véritable insertion sociale et professionnelle. La ministre appelle enfin le public et les médias à soutenir davantage le sport féminin, notamment en se déplaçant dans les stades pour assister aux compétitions. Pour elle, l’engouement autour des Étalons Dames doit dépasser les seules réactions sur les réseaux sociaux et se traduire par un accompagnement durable du football et du sport féminin burkinabè.
Source : Sidwaya
Burkina Média
