Le ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques entend mettre de l’ordre dans les opérations de contrôle environnemental au sein des unités industrielles. Dans un communiqué daté du 3 novembre 2026, il rappelle l’obligation pour les agents de présenter un ordre de mission, la délivrance systématique de quittances après paiement des amendes et la nécessité de coordonner les interventions.
Des préoccupations liées aux pratiques de contrôle
Les opérations de contrôle et d’inspection dans les unités industrielles sont au centre d’un rappel à l’ordre du ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques. Dans un communiqué signé à Ouagadougou le 3 novembre 2026, le département indique avoir été saisi de plusieurs préoccupations concernant le déroulement de ces interventions.
Les difficultés signalées portent notamment sur la multiplicité des contrôles non coordonnés, des pratiques présumées de rançonnement ainsi que l’absence de quittances après le paiement de certaines amendes.
Le ministère rappelle que la Police de l’eau, la Police de l’environnement et l’Agence nationale des évaluations environnementales (ANEV) effectuent régulièrement des opérations de contrôle et d’inspection dans les établissements industriels, dans le cadre de leurs missions de protection de l’environnement et des ressources en eau.
Toutefois, face aux préoccupations remontées, le département entend renforcer la transparence, la redevabilité et la bonne conduite de ces opérations.
Un ordre de mission obligatoire pour les agents
Parmi les premières mesures rappelées figure la présentation obligatoire d’un ordre de mission ou d’un mandat. Tout agent commis à un contrôle ou à une inspection doit, dès son arrivée dans une unité industrielle, présenter un document dûment signé par l’autorité compétente.Ce document doit préciser l’objet de la mission ainsi que l’identité des agents mandatés. Cette exigence vise à permettre aux responsables des établissements de vérifier la régularité des interventions et de connaître les agents habilités à effectuer les contrôles.
Le ministère insiste également sur la délivrance systématique d’une quittance officielle pour toute amende infligée. Chaque paiement doit ainsi donner lieu à un reçu mentionnant le montant versé et le motif de l’infraction constatée.
Fin des paiements sans justificatif officiel
Le communiqué met particulièrement en garde les promoteurs et responsables d’unités industrielles contre les paiements directs aux agents sans document justificatif.
Le ministère leur demande d’exiger systématiquement la présentation de l’ordre de mission ou du mandat avant tout contrôle, ainsi qu’une quittance officielle pour chaque paiement d’amende. Il précise sans ambiguïté qu’aucun paiement ne doit être effectué directement à un agent sans délivrance d’une pièce officielle justifiant le versement.
Cette disposition vise à limiter les risques de pratiques irrégulières et à garantir la traçabilité des sommes perçues à l’occasion des opérations de contrôle.
Des interventions mieux coordonnées
Le département ministériel entend également mettre fin aux interventions répétitives et non concertées au sein des mêmes établissements industriels.
À cet effet, les structures compétentes sont instruites de privilégier des opérations conjointes et coordonnées. L’objectif est de limiter les contrôles récurrents, d’améliorer l’efficacité des interventions et de réduire les désagréments occasionnés aux entreprises. Le ministère souhaite ainsi concilier le respect des normes environnementales avec des procédures de contrôle professionnelles, transparentes et conformes à la réglementation.
Un numéro pour signaler les pratiques irrégulières
Pour assurer le suivi de ces dispositions, le ministère invite les promoteurs et responsables d’unités industrielles à signaler tout manquement, toute tentative de rançonnement ou tout comportement contraire à l’éthique professionnelle.
Les dénonciations peuvent être effectuées au numéro vert 51 51 34 04, par appel ou par WhatsApp.
Le département réaffirme par ailleurs sa disponibilité à accompagner les unités industrielles dans le respect de la réglementation environnementale en vigueur. Il prévient toutefois que des mesures appropriées seront prises contre les auteurs de pratiques irrégulières dûment établies.

À travers ce rappel, les autorités entendent renforcer la discipline dans les opérations de contrôle, tout en réaffirmant que la protection de l’environnement ne saurait justifier des pratiques contraires aux règles administratives et professionnelles.
Burkina Média
