Burkina Faso : le Gouvernement suspend l’exportation des farines de mil, de maïs et de sorgho.

e ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (MICA) annonce une nouvelle suspension de l’exportation des farines de mil, de maïs et de sorgho, ainsi que de leurs dérivés. La décision, rendue publique dans un communiqué daté du 9 octobre 2026, intervient moins de trois mois après la levée d’une interdiction en vigueur depuis février 2022.

Un retour sur la décision de juillet 2026

Cette nouvelle mesure marque un changement dans la politique d’exportation des farines céréalières au Burkina Faso. Le 21 juillet 2026, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, avait annoncé la levée de la suspension instaurée par le communiqué n°022-0001/MDICAPME/SG du 23 février 2022.

Cette levée devait permettre aux unités nationales de transformation d’écouler leurs stocks de produits dérivés des céréales. Les exportations étaient alors de nouveau autorisées, sous réserve de l’obtention préalable d’une Autorisation spéciale d’exportation (ASE). La décision du 9 octobre revient sur cette ouverture. Le Gouvernement suspend à nouveau les exportations concernées sur toute l’étendue du territoire national, et ce, jusqu’à nouvel ordre.

Les autorisations spéciales d’exportation également suspendues

La mesure ne porte pas uniquement sur les opérations d’exportation. Elle entraîne également l’arrêt de la délivrance des autorisations spéciales d’exportation (ASE) relatives aux produits visés.

Les opérateurs économiques ne peuvent donc plus obtenir ces autorisations pour exporter les farines concernées pendant la période de suspension. Le ministère prévient que tout contrevenant s’expose aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur.

Il convient toutefois de préciser que le communiqué vise les farines de mil, de maïs et de sorgho ainsi que leurs dérivés. Il ne permet pas, à lui seul, de conclure à une interdiction générale de l’exportation des céréales brutes.

Préserver l’approvisionnement du marché national

Selon le ministère, cette décision vise à assurer une disponibilité régulière des produits concernés sur le marché intérieur et à en améliorer l’accessibilité pour les consommateurs.

Elle s’inscrit dans un contexte où les autorités burkinabè renforcent les mesures de régulation commerciale face aux tensions sur les prix de plusieurs produits de grande consommation. En août 2026, le Gouvernement avait notamment annoncé le renforcement des contrôles des prix, des stocks et des circuits de distribution, ainsi que le recours à des suspensions temporaires de certaines exportations. La nouvelle suspension traduit ainsi la volonté des autorités de privilégier l’approvisionnement du marché national. Le communiqué ne précise cependant ni la durée prévisible de la mesure ni les critères qui permettront d’en décider la levée.

Les acteurs économiques appelés à coopérer

Le ministre Serge Gnaniodem Poda appelle les opérateurs économiques à faire preuve de patriotisme économique, de responsabilité et de coopération dans l’application de la décision. Les services techniques de l’État, notamment ceux chargés du contrôle aux frontières, ainsi que les forces de sécurité, sont également invités à veiller au respect de la mesure.

Pour signaler d’éventuels cas de non-respect, le ministère met à la disposition du public les numéros verts suivants : 80 00 11 84 / 85 / 86.

Une mesure dont l’application sera déterminante

Après la levée de juillet, qui visait à faciliter l’écoulement des stocks des transformateurs nationaux, la suspension annoncée le 9 octobre réoriente la priorité vers la disponibilité des farines céréalières sur le marché intérieur. Son efficacité dépendra notamment du respect de l’interdiction par les opérateurs et de la capacité des services compétents à en assurer le contrôle. Le Gouvernement n’a, pour l’heure, annoncé aucune date de fin : la suspension reste applicable jusqu’à nouvel ordre.

Burkina Média

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