Depuis ce 1er octobre 2026, le port du casque est soumis à une application stricte pour les conducteurs d’engins motorisés à deux et trois roues sur l’ensemble du territoire national. Après plusieurs mois de sensibilisation, les autorités passent ainsi à une nouvelle étape dans leur politique de sécurité routière.
Le ministère de la Sécurité avait annoncé cette échéance plusieurs semaines à l’avance, invitant les usagers à se conformer progressivement à l’obligation. Le 15 septembre, le ministre Mahamadou Sana rappelait encore que la mesure ferait l’objet d’une application stricte et sans exception à compter du 1er octobre, dans un contexte de rentrée scolaire marqué par une circulation plus importante et des risques accrus d’accidents. Une mesure préparée depuis plusieurs moisL’entrée en vigueur de cette phase de contrôle n’est pas intervenue brusquement. La question du port obligatoire du casque fait l’objet d’une campagne de sensibilisation depuis 2024.
En juillet 2026, Mahamadou Sana expliquait que le gouvernement se trouvait encore dans cette phase pédagogique, tout en reconnaissant qu’elle ne pouvait pas se prolonger indéfiniment. Le ministre faisait alors état de 148 décès constatés sur les lieux d’accidents en mai et 91 en juin, avec un volume mensuel d’environ 1 700 à 1 800 accidents. Ces chiffres avaient conduit le ministère à accélérer la préparation de l’application effective de la mesure.
Quelques semaines avant l’échéance, la Police nationale poursuivait d’ailleurs les opérations de sensibilisation dans les différentes localités. À Koosin, par exemple, une campagne menée début août avait mis l’accent sur le respect du Code de la route et particulièrement sur le port du casque.
L’obligation concerne l’ensemble du territoire national. Elle ne se limite donc ni à Ouagadougou ni aux grandes agglomérations.
À Koudougou, une opération de contrôle baptisée « Bouclier tête » avait déjà permis, le 21 août, de contrôler les usagers sur plusieurs axes de la ville. Onze postes de contrôle avaient été installés et les personnes circulant sans casque étaient refoulées ou invitées à s’en procurer avant de poursuivre leur trajet. Cette expérience illustre la logique désormais appelée à s’étendre : le port du casque doit devenir une règle observée aussi bien dans les centres-villes que dans les quartiers périphériques et sur les axes interurbains.
La Brigade Laabal avait d’ailleurs relevé, avant l’échéance du 1er octobre, que certains usagers adoptaient encore des comportements différents selon les zones, portant le casque en ville mais abandonnant cette pratique dans les quartiers plus éloignés. À Bobo-Dioulasso, près de 95 % des usagers observés avec un casquePour le premier jour de l’application stricte, le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, s’est rendu sur plusieurs artères de Bobo-Dioulasso afin de constater la situation sur le terrain.
Selon les observations communiquées par le ministère, près de 95 % des usagers d’engins motorisés à deux et trois roues observés circulaient avec leur casque.
Ce niveau d’adhésion marque une progression importante par rapport aux données communiquées quelques mois auparavant. En juillet, le ministre indiquait en effet qu’un sondage réalisé à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso situait le port du casque autour de 49 % à Ouagadougou et 53 % à Bobo-Dioulasso. Il reste cependant des usagers qui continuent de circuler sans casque. C’est précisément sur ces comportements que doit désormais porter la phase de contrôle.
« La récréation est terminée »
Lors de sa sortie à Bobo-Dioulasso, le ministre de la Sécurité a résumé le changement de phase en des termes particulièrement fermes : « La récréation est terminée. La tolérance administrative est également terminée. Place à l’application rigoureuse de la loi. »

Mahamadou SANA, ministre burkinabè de la sécurité
Après la période consacrée à l’information et à la sensibilisation, les forces chargées de la sécurité routière sont désormais appelées à veiller au respect effectif de l’obligation. Le ministère avait déjà prévenu que l’application serait stricte à partir du 1er octobre. Le casque comme moyen de protection avant d’être une contrainteDerrière l’obligation réglementaire, le gouvernement met en avant une question de protection des vies humaines.
Les conducteurs et passagers de motocyclettes et autres engins à deux roues sont particulièrement exposés en cas de collision ou de chute. Le casque constitue donc une protection essentielle contre les traumatismes crâniens et les blessures graves. Pour les autorités, l’enjeu n’est ainsi pas uniquement de faire respecter une règle du Code de la route, mais de faire évoluer durablement les comportements.
Le ministre de la Sécurité l’avait résumé en août lors d’une campagne de sensibilisation : « Le port du casque n’est pas une option. Il sauve des vies. »
Une nouvelle étape pour la sécurité routière au Burkina Faso
L’entrée dans la phase d’application stricte intervient alors que le gouvernement cherche plus largement à renforcer le respect des règles de circulation et à réduire les conséquences humaines des accidents.La réussite de cette politique dépendra toutefois autant du contrôle que de l’adhésion durable des usagers. Le défi sera notamment de maintenir le port du casque sur tous les trajets, y compris dans les quartiers, sur les routes secondaires et lors des déplacements de proximité.L’enjeu est donc désormais de faire du casque non plus un équipement porté uniquement lorsque la police est visible, mais un réflexe quotidien de sécurité.
À compter de ce 1er octobre, le Burkina Faso entre ainsi dans une nouvelle phase : la sensibilisation a préparé le terrain, l’application de la règle doit désormais prendre le relais sur l’ensemble du territoire national.
Source : DCRP-MSECU
Burkina Média
