Burkina Faso : les députés approuvent un financement de plus de 91 milliards FCFA pour sécuriser les barrages et renforcer la gestion de l’eau.

L’Assemblée Législative du Peuple (ALP) a adopté à l’unanimité le projet de loi portant ratification de l’accord de prêt conclu entre le Burkina Faso et l’Association internationale de développement (IDA) pour le financement du Projet de Sécurité de l’Eau au Burkina Faso (PSE-BF). Les 57 députés présents ont voté en faveur de ce financement de 91 243 618 700 FCFA, destiné au ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques.

La séance s’est tenue en présence du ministre délégué chargé des Ressources animales, le Camarade Dr Amadou DICKO, accompagné de ses collaborateurs.Moderniser des infrastructures vieillissantes

Ce financement vient répondre à un défi majeur auquel le Burkina Faso est confronté. Le pays compte aujourd’hui plus de 900 barrages, dont l’âge moyen est estimé à 30 ans. Près de 41 % de ces ouvrages, soit environ 400 barrages, présentent un niveau de dégradation plus ou moins avancé. Chaque année, une dizaine de barrages connaissent des ruptures, entraînant d’importantes conséquences humaines, économiques, sociales et environnementales.

À travers ce projet, le gouvernement entend restaurer, réhabiliter et sécuriser ces infrastructures afin de garantir une meilleure disponibilité de l’eau pour les populations, l’agriculture, l’élevage et les autres usages.

Prévu pour une durée de six ans, le Projet de Sécurité de l’Eau sera mis en œuvre dans huit régions : Oubri, Nakambé, Kadiogo, Gulmu, Nando, Djôrô, Yaadga et Guiriko.Il s’inscrit dans le cadre du Programme national des aménagements hydrauliques (PNAH) 2017-2030, dont l’objectif est de soutenir le développement économique, réduire la pauvreté et renforcer la résilience des populations face aux effets du changement climatique.

Le projet prévoit notamment :

  • la réhabilitation de 35 barrages, permettant de sécuriser 60 millions de m³ d’eau de surface ;
  • l’aménagement ou la réhabilitation de 788 hectares de périmètres irrigués ;
  • l’empoissonnement de 15 retenues d’eau ;
  • la construction de 15 bassins piscicoles ;la restauration de 5 000 hectares de terres dégradées ;
  • la mise en place de 80 Comités d’usagers de l’eau (CUE) pour assurer l’entretien des barrages ;
  • la création de 7 Comités locaux de l’eau (CLE) chargés de la gestion intégrée des bassins versants ;
  • la réalisation ou la réhabilitation de 175 kilomètres de pistes à bétail ;
  • l’élaboration de cinq textes réglementaires, la création d’un Fonds de l’eau, la mise en place d’une brigade d’intervention opérationnelle ainsi que l’élaboration d’un Schéma d’aménagement et de gestion de l’eau (SAGE).

Renforcer la résilience et soutenir le développementÀ travers ce financement, le Burkina Faso ambitionne d’améliorer durablement la gestion de ses ressources hydrauliques, de renforcer la sécurité des personnes et des biens, de soutenir la production agricole et halieutique, tout en améliorant la résilience des populations face aux changements climatiques.

La ratification de cet accord marque ainsi une étape importante dans la politique nationale de modernisation des infrastructures hydrauliques et de gestion durable de l’eau.

Burkina Média

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *