Hakili Mousso 2026 : le Burkina Faso distingue ses jeunes talents scientifiques féminins.

Le Burkina Faso a célébré, le samedi 19 septembre 2026 à Ouagadougou, les lauréates de la première édition du concours national Hakili Mousso, une initiative consacrée à la détection et à la promotion des talents scientifiques féminins. La cérémonie de distinction a été présidée par le Premier ministre, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, représentant le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré.

Lancée fin août 2026, cette compétition s’inscrit dans l’Initiative présidentielle pour une Éducation de Qualité pour tous (IPEQ). Elle vise notamment à encourager les jeunes filles à s’engager dans les disciplines scientifiques et à les orienter davantage vers les filières techniques et scientifiques de l’enseignement supérieur.

84 candidates en compétition

Le concours était ouvert aux jeunes filles titulaires d’un baccalauréat scientifique de la session 2026 et répondant aux critères fixés par l’organisation. Après la sélection opérée à l’échelle nationale, 84 candidates ont participé à la phase finale à Ouagadougou.

Avant les épreuves, les candidates avaient bénéficié d’une semaine d’immersion et de préparation en internat au Lycée scientifique national de Ouagadougou. La compétition s’est articulée autour de trois disciplines : mathématiques, physique et chimie. L’initiative ne se limite toutefois pas à la compétition.

Selon les informations communiquées lors du lancement, les 84 finalistes doivent bénéficier d’un accompagnement comprenant notamment une bourse nationale d’études, la possibilité de choisir leur filière et leur établissement d’enseignement supérieur, l’accès à la cité et au restaurant universitaires ainsi qu’une couverture maladie durant leur cursus.

Des écarts encore importants dans les filières scientifiques

Lors de la cérémonie, la ministre conseillère spéciale du Président du Faso, Floriane Zongo, a rappelé la persistance d’un écart entre filles et garçons dans les parcours scientifiques.

Selon les données présentées à cette occasion, les filles représentaient 36,7 % des effectifs des filières scientifiques en 2025-2026, contre 59,5 % dans les filières non scientifiques.

À travers Hakili Mousso, les autorités entendent ainsi créer davantage d’intérêt pour les sciences chez les jeunes filles et contribuer à déconstruire les préjugés qui peuvent encore limiter leur orientation vers ces domaines.

Les mathématiques, la physique et la chimie à l’honneur

À l’issue des épreuves, 15 prix, soit cinq dans chacune des trois disciplines, ont été attribués. Les enseignants référents des lauréates arrivées premières dans chaque matière ont également été récompensés.

Dans le palmarès communiqué lors de la cérémonie, Inès Nikiema arrive en tête en chimie avec 18,73/20, devant Nicole Yaméogo avec 18,38/20 et Aminata Traoré avec 17,69/20.

En physique, Aminata Traoré décroche la première place avec 15/20, suivie de Goumbri H. Jessica avec 14,50/20 et Ella Esther Ouattara avec 13,75/20.

En mathématiques, Adjaratou Bama s’impose avec 14,25/20, devant Tapsoba Fadia, 12,63/20, et Awa Onadja, 12,50/20.

Les récompenses prévues pour les lauréates comprennent notamment des enveloppes financières, des motos, des ordinateurs, des bourses et des bons de carburant.

« Les filles ont pleinement leur place dans les matières scientifiques »

Prenant la parole au cours de la cérémonie, le Premier ministre a présenté Hakili Mousso comme un moyen de mettre en lumière les capacités scientifiques des jeunes filles et de lutter contre les représentations qui peuvent les éloigner de ces disciplines.

« Les filles ont pleinement leur place dans les matières scientifiques », a-t-il déclaré, en les encourageant à poursuivre leur engagement dans ces domaines.

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, premier ministre

Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a également insisté sur la responsabilité des enseignants et des parents dans l’accompagnement des jeunes filles. Pour lui, la reconnaissance accordée aux encadreurs doit contribuer à renforcer leur implication dans le parcours scientifique des élèves.

Le Premier ministre a par ailleurs relayé le message porté par le Président du Faso selon lequel « leur premier talent se trouve dans leur tête », appelant les lauréates à envisager leur avenir dans les secteurs scientifiques, technologiques et industriels.

Les lauréates veulent devenir des ambassadrices de la science

Au nom des candidates distinguées, Nicole Yaméogo a salué l’encadrement reçu tout au long du concours. Elle a décrit l’expérience comme allant au-delà d’une simple compétition académique, mettant en avant les enseignements humains et intellectuels tirés de cette première édition.

Les lauréates ont également pris l’engagement de promouvoir la culture scientifique et de mettre leurs compétences au service du Burkina Faso.

Avec cette première édition, Hakili Mousso ouvre ainsi un nouveau cadre de détection et d’accompagnement des jeunes filles disposant de solides aptitudes dans les sciences. L’enjeu, au-delà des distinctions, est désormais de transformer ces performances scolaires en parcours universitaires et professionnels dans les domaines scientifiques, technologiques et industriels.

Source : Direction de la communication de la Primature / Présidence du Faso

Burkina Média

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