Le gouvernement burkinabè a officiellement procédé à l’installation des premiers tribunaux coutumiers et traditionnels de règlement des différends, marquant une étape importante dans l’opérationnalisation de la loi « Faso Bû-Kaooré », adoptée par l’Assemblée législative de Transition (ALT) en janvier 2026. La cérémonie de clôture des travaux, tenus du 20 au 22 mai 2026 à Ouagadougou, a été présidée par le ministre de la Justice et des Droits humains, Rodrigue Bayala.
À cette occasion, des registres officiels ont été remis aux autorités coutumières et traditionnelles du Mogho, représentées par le Ouidi Naaba, ministre de Sa Majesté le Mogho Naaba Baongo. Cette remise marque officiellement l’installation des premières instances coutumières de règlement des différends.
Une justice traditionnelle désormais encadrée par la loiAdoptée le 14 janvier 2026, la loi « Faso Bu-Kaooré » vise à reconnaître et encadrer juridiquement les mécanismes traditionnels et coutumiers de règlement des conflits au Burkina Faso.

Le texte prévoit notamment :
- l’organisation des tribunaux coutumiers ;
- les modalités de désignation de leurs membres ;
- la consignation des décisions rendues ;
- ainsi que les voies de recours contre les jugements prononcés.
Selon les autorités, cette réforme vise à renforcer la justice de proximité et à mieux prendre en compte les réalités socioculturelles des différentes communautés du pays. Trois jours d’échanges et de formationDurant les travaux organisés à Ouagadougou, les acteurs coutumiers et traditionnels du Mogho ont été formés sur le fonctionnement des nouvelles instances de règlement des différends.
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Les participants ont notamment échangé sur les mécanismes traditionnels de règlement des conflits dans le Mogho, les règles de composition et de fonctionnement des tribunaux coutumiers , la gestion des affaires et des audiences ainsi que les modalités de tenue des registres officiels. Les communications ont permis aux participants de parcourir la loi article par article afin d’harmoniser les compréhensions et de clarifier les procédures d’application.

Le gouvernement précise que cette initiative constitue une phase pilote d’opérationnalisation des instances coutumières et traditionnelles dans le Kadiogo.
Un bilan de mise en œuvre est prévu à la fin de l’année 2026 afin d’identifier les acquis, les insuffisances éventuelles et les ajustements nécessaires avant une généralisation progressive du dispositif à d’autres localités du pays.
Pour les autorités, cette réforme s’inscrit dans la volonté de rapprocher davantage la justice des populations tout en valorisant les mécanismes traditionnels de règlement des différends reconnus au sein des communautés burkinabè.
Burkina Média
Source : lefaso.net
