Burkina : Le ministre Mahamadou Sana dénonce le racket autour de la carte « Laabal » et promet des Sanctions.

Le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, a dénoncé l’utilisation abusive de la carte « Laabal » par certains agents chargés des contrôles routiers. S’exprimant ce lundi 2 novembre 2026, à Ouagadougou, lors de la cérémonie mensuelle de montée des couleurs nationales, il a déploré le détournement de ce dispositif à des fins de racket et de corruption. Il a assuré qu’aucune indulgence ne serait accordée aux agents impliqués dans ces pratiques.

La carte Laabal détournée de son objectif initial

La carte « Laabal », conçue pour faciliter le règlement des amendes liées aux infractions routières, fait l’objet de pratiques dénoncées par le ministère de la Sécurité. Lors de son intervention, Mahamadou Sana a regretté que certains agents chargés des contrôles routiers utilisent ce dispositif comme un moyen de pression sur les automobilistes et les motocyclistes.

« Au lieu que cette carte serve à faciliter les démarches des usagers en matière de paiement des amendes, malheureusement, elle a été utilisée comme un moyen de pression et un instrument de corruption pour racketter les gens », a déploré le ministre.

Il a, à cet effet, prévenu qu’il ne ferait preuve d’aucune indulgence envers les agents qui se livreraient à de tels agissements. Cette sortie intervient quelques jours après un communiqué du ministère de la Sécurité, publié le 29 octobre 2026, dans lequel le département avait déjà fait état de témoignages de citoyens dénonçant des usages abusifs de la carte par certains agents.

Un dispositif conçu pour éviter l’immobilisation des engins

Mahamadou Sana a tenu à rappeler la raison d’être de la carte « Laabal ». Avant son institution, les usagers interceptés pour une infraction routière voyaient généralement leurs engins immobilisés et conduits au commissariat. Ils devaient ensuite se déplacer pour procéder au paiement de leurs amendes.

Le ministre explique que cette procédure pouvait perturber les activités des citoyens, notamment ceux qui utilisent leurs engins pour travailler ou exercer leurs activités quotidiennes. La carte « Laabal » a donc été introduite pour permettre aux contrevenants de poursuivre leur trajet et de s’acquitter ultérieurement de leurs amendes à travers la plateforme de paiement Faso Arzeka.

« Nous avons donc mis en place ce mécanisme pour faciliter le paiement des amendes à travers Faso Arzeka », a-t-il expliqué.

Amende minimale et travaux d’intérêt commun : les précisions du ministre

Le ministre de la Sécurité a également apporté des précisions sur le traitement réservé aux usagers détenteurs de la carte. Il affirme avoir donné des instructions pour que l’amende minimale soit privilégiée et que les travaux d’intérêt commun ne constituent plus la priorité dans le cadre de ce dispositif.

« Quand vous vous présentez avec cette carte, j’ai donné des instructions pour que ce soit l’amende minimale qui soit payée et que les travaux d’intérêt commun ne soient plus la priorité », a-t-il indiqué.

Pour Mahamadou Sana, la sanction ne doit pas se limiter à une mesure répressive. Elle doit également permettre de corriger les comportements et d’amener les usagers à mieux respecter les règles de circulation.

« Toute répression qui ne sensibilise pas ne sert à rien », a-t-il martelé, invitant les agents à accorder une place importante à la sensibilisation et à l’éducation routière.

Les usagers appelés à plus de prudence

Au cours de cette cérémonie, le ministre a également exhorté les populations à faire preuve de davantage de prudence et de responsabilité sur les routes. Il a notamment insisté sur la nécessité de respecter les règles de circulation afin de réduire les comportements à risque.

Il s’est par ailleurs réjoui de l’adoption progressive du port du casque par les usagers de deux-roues. Une évolution qu’il a saluée en rendant hommage aux efforts de ses collaborateurs et à la mobilisation des populations burkinabè.

Les agents de sécurité face à leurs responsabilités

À travers ses déclarations, Mahamadou Sana rappelle que la carte « Laabal » doit rester un instrument de facilitation et non un moyen de pression sur les citoyens. Le communiqué ministériel du 29 octobre avait d’ailleurs invité les usagers en infraction à exiger cette carte lors des contrôles, considérant cette démarche comme un acte citoyen susceptible de constituer une circonstance atténuante.

Le ministre appelle ainsi à davantage de transparence dans les contrôles routiers et au respect mutuel entre les agents de sécurité et les usagers. La lutte contre l’incivisme routier, a-t-il fait comprendre, ne saurait justifier des pratiques contraires aux principes d’intégrité et de probité attendus des agents publics. Reste désormais à savoir quelles mesures concrètes seront prises à l’encontre des agents mis en cause et comment le ministère entend renforcer le contrôle de l’application du dispositif sur le terrain.

Burkina Média

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