La Brigade Centrale de Cutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) a interpellé D.R., 36 ans, étudiant et démarcheur, présumé impliqué dans la production de fausses cartes grises à l’aide d’outils d’intelligence artificielle (IA).
L’affaire fait suite à des dénonciations reçues par la BCLCC. Les investigations menées par la Division des enquêtes (DE) ont permis de mettre en évidence un mode opératoire reposant sur deux procédés.
Dans le premier cas, D.R., qui avait auparavant exercé comme démarcheur à la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), contactait des personnes ayant déposé des dossiers pour l’établissement de leurs cartes grises. Se présentant comme un agent de cette administration, il leur faisait croire à l’existence d’un blocage dans le traitement de leur dossier et leur proposait de faciliter l’obtention du document contre le paiement de 25 000 FCFA.
Dans le second cas, des personnes qui le connaissaient déjà comme démarcheur le sollicitaient directement et lui confiaient leurs dossiers. Il leur faisait alors croire qu’il effectuait les démarches nécessaires et que leurs cartes grises étaient en cours d’établissement.
Pour donner de la crédibilité à ses manœuvres, D.R. utilisait des outils d’intelligence artificielle afin de générer des images de fausses cartes grises à partir de documents authentiques servant de modèles. Il y intégrait notamment des numéros d’immatriculation fictifs. Certains de ces numéros se sont toutefois révélés correspondre à des numéros réellement attribués à des cartes grises authentiques.
Les images ainsi générées étaient ensuite transmises aux victimes via WhatsApp, avec pour objectif de leur faire croire que leurs cartes grises étaient disponibles. Le présumé auteur exigeait alors un paiement par Mobile Money avant une prétendue remise physique du document. Une fois l’argent reçu, il cessait de répondre aux appels et aux messages.
Les investigations de la BCLCC ont permis d’identifier 14 victimes, pour un préjudice financier global estimé à 421 000 FCFA. Interpellé puis auditionné par la Division des enquêtes de la BCLCC, D.R. a reconnu les faits qui lui sont reprochés. À l’issue de l’enquête, il a été conduit devant le Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance Ouaga I, afin de répondre de ses actes.
La BCLCC rappelle que si l’intelligence artificielle constitue un important outil d’innovation et de productivité, elle peut également être détournée à des fins malveillantes. Elle invite ainsi les populations à faire preuve de vigilance face aux images ou copies numériques de documents administratifs reçues via les réseaux sociaux. Elle recommande notamment de vérifier systématiquement l’authenticité de ces documents auprès des services compétents avant toute démarche ou tout paiement.
Source : BCLCC
Burkina Média
