Le ministre de l’Enseignement de Base, de l’Alphabétisation et de la Promotion des Langues Nationales, Jacques Sosthène Dingara, a signé le 10 juillet 2026 un arrêté portant réglementation des frais de scolarité dans les structures privées d’éducation préscolaire et d’enseignement primaire. Un texte qui entre en vigueur dès la rentrée scolaire 2026-2027 et qui vient mettre de l’ordre dans un secteur où les tarifs échappaient jusqu’ici à tout encadrement officiel.
La grande innovation de cet arrêté réside dans son approche. Les frais de scolarité ne sont plus fixés arbitrairement par les promoteurs d’écoles privées. Ils sont désormais déterminés en fonction de trois critères objectifs : la zone d’implantation de l’établissement, le niveau d’investissement consenti et la qualité de l’offre éducative proposée.
Sur cette base, chaque établissement est classé dans l’une des trois catégories suivantes. La catégorie 1 regroupe les établissements ayant obtenu un score inférieur ou égal à 50 points sur 100. La catégorie 2 concerne ceux dont le score est compris entre 51 et 75 points. La catégorie 3 s’applique aux établissements les plus performants, avec un score supérieur ou égal à 76 points. Cette évaluation est réalisée chaque fin d’année scolaire et tient compte de critères précis comme la qualification des enseignants, l’existence d’infrastructures adaptées, les effectifs par classe, l’enseignement des TIC et des langues nationales, ou encore les résultats au CEP.
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Pour Ouagadougou et Bobo-Dioulasso, les frais de scolarité annuels au préscolaire sont plafonnés à 50 000 FCFA pour les établissements de catégorie 1, 100 000 FCFA pour ceux de catégorie 2 et 150 000 FCFA pour ceux de catégorie 3. Au primaire, les plafonds sont fixés à 40 000, 80 000 et 150 000 FCFA selon la catégorie.
Dans les chefs-lieux de province et certaines communes périphériques comme Saaba, Pabré, Koubri, Tanghin-Dassouri, Komki-Ipala, Pouytenga, Bittou, Garango et Niangoloko, les plafonds sont légèrement plus bas : de 40 000 à 125 000 FCFA au préscolaire et de 30 000 à 125 000 FCFA au primaire selon la catégorie.
En zone rurale et dans les zones non loties des villes, les tarifs sont encore plus accessibles, allant de 30 000 à 75 000 FCFA au préscolaire et de 25 000 à 60 000 FCFA au primaire.
Au-delà des frais de scolarité stricto sensu, l’arrêté encadre également la perception de frais annexes. Toute somme perçue en dehors des frais de scolarité doit désormais faire l’objet d’une autorisation préalable du ministre en charge de l’Enseignement de Base. La demande d’autorisation doit préciser clairement les montants envisagés, les critères de fixation et la contrepartie en services ou en biens à fournir à l’apprenant. Une disposition qui vise à mettre fin aux pratiques de certains établissements qui multipliaient les frais cachés tout au long de l’année scolaire.
Cet arrêté répond à une préoccupation largement exprimée par les parents d’élèves burkinabè, confrontés depuis des années à une flambée des frais de scolarité dans le privé, sans aucune corrélation apparente avec la qualité des services éducatifs rendus. En introduisant une grille transparente et opposable, le gouvernement entend rééquilibrer les relations entre établissements privés et familles, tout en incitant les écoles à investir davantage dans la qualité pour accéder aux catégories supérieures.
Burkina Média
