Burkina Faso : nouvelles règles pour les bourses d’études et 15,8 milliards FCFA mobilisés pour soutenir la filière coton.

Réuni en Conseil des ministres sous la présidence du Président du Faso, le Camarade Capitaine Ibrahim Traoré, le gouvernement a adopté plusieurs décisions touchant directement l’enseignement supérieur et le secteur agricole. Au cœur des mesures annoncées figurent la réforme du système des bourses d’études et le renforcement du soutien à la filière coton, pilier de l’économie nationale.

De nouveaux critères et un contrôle renforcé des études à l’étranger

Au titre du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Conseil a adopté un décret portant régime des bourses d’études de l’enseignement supérieur et de la recherche. Cette réforme constitue une relecture du décret de 2021 afin de l’adapter aux nouvelles orientations gouvernementales.

Selon le ministre en charge de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, plusieurs innovations majeures ont été introduites.

« Les grandes innovations de cette relecture sont entre autres, la redéfinition et la hiérarchisation des critères d’attribution des bourses avec la suppression du critère lié aux revenus des parents, le transfert des dossiers d’aides au Fonds de soutien à l’éducation et à la recherche (FOSER Bãngr baoobo) et l’encadrement des études à l’extérieur », a-t-il expliqué.

L’une des mesures les plus marquantes concerne les étudiants souhaitant poursuivre leurs études hors du Burkina Faso. Désormais, tout étudiant burkinabè désirant entreprendre une formation à l’étranger, qu’il bénéficie d’une bourse ou qu’il finance lui-même ses études, devra obtenir une autorisation préalable du ministère en charge de l’Enseignement supérieur.

« Il s’agit de permettre à l’État d’assurer un suivi des contenus de formations conformément à la vision actuelle du Gouvernement, d’éviter les cas sociaux après les études à l’étranger et de préparer l’insertion professionnelle de ces étudiants », a précisé le ministre Adjima Thiombiano.

Pour les autorités, cette mesure vise à mieux orienter les formations vers les besoins réels du pays tout en assurant un meilleur accompagnement des étudiants à leur retour.

Filière coton : une production en hausse de 7 %

Au titre du ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, le Conseil a examiné le bilan de la campagne cotonnière 2025-2026 ainsi que les perspectives pour la campagne 2026-2027. Les résultats enregistrés sont encourageants. La production nationale de coton graine, conventionnelle et biologique, a atteint 314 293 tonnes, contre 294 507 tonnes lors de la campagne précédente.

« En termes de bilan de la campagne cotonnière 2025-2026, la production de coton graine conventionnelle et biologique s’est établie à 314 293 tonnes contre une production de 294 507 tonnes la campagne précédente, soit une hausse de 7 % », a indiqué le ministre en charge du Commerce, Serge Gnaniodem Poda.

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Pour la campagne 2026-2027, le gouvernement affiche également des ambitions élevées. Afin d’accompagner les producteurs et de maintenir l’attractivité de la culture du coton, le Conseil des ministres a décidé de fixer le prix de cession à crédit des engrais à 17 500 FCFA le sac de 50 kilogrammes, quel que soit le type d’engrais. Cette mesure nécessite un important effort financier.

« Ce niveau de prix nécessite des subventions des intrants à hauteur de 15,8 milliards FCFA », a souligné le ministre Serge Gnaniodem Poda.

Le Conseil des ministres a ainsi décidé que cette subvention sera entièrement prise en charge par les sociétés cotonnières, permettant aux producteurs de bénéficier d’engrais à des coûts maîtrisés malgré les fluctuations du marché.

Le gouvernement entend agir à travers ces mesures, sur deux secteurs stratégiques : la formation des ressources humaines et la production agricole.

D’un côté, la réforme des bourses vise à mieux encadrer les parcours académiques et à améliorer l’employabilité des diplômés. De l’autre, le soutien à la filière coton traduit la volonté des autorités de consolider une culture qui demeure une source importante de revenus pour des milliers de producteurs burkinabè.

Ces mesures s’inscrivent dans la dynamique de transformation économique et de souveraineté nationale portée par les autorités de la Transition.

Burkina Média

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