Burkina Faso : ce que change le nouveau Code du travail pour les stages et l’apprentissage.

L’Assemblée législative du Peuple (ALP) a adopté, ce mercredi 6 mai 2026 à Ouagadougou, le nouveau Code du travail du Burkina. Parmi les dispositions qui suscitent déjà de nombreuses réactions, figurent les nouvelles règles encadrant les stages et les contrats d’apprentissage.

À travers cette réforme, les autorités veulent mettre davantage d’ordre dans le fonctionnement des stages professionnels et mieux protéger les jeunes souvent confrontés à des abus dans certaines entreprises.

Le contrat de stage devient obligatoire et encadré

Le nouveau texte précise désormais clairement ce qu’est un contrat de stage. Il s’agit d’une convention par laquelle une personne appelée maître de stage s’engage à donner ou à faire donner à un stagiaire une formation professionnelle pratique.

L’une des principales nouveautés est que le contrat de stage devra obligatoirement être signé avant l’entrée du stagiaire dans l’entreprise. Il devra également être établi par écrit dans l’une des langues de travail reconnues.

Cette disposition vise à éviter les situations dans lesquelles des jeunes travaillent pendant plusieurs mois sans document officiel, sans statut clair et parfois sans aucune protection.

Le Code prévoit également des sanctions en cas de non-respect de cette obligation. Si le stage n’est pas formalisé conformément à la loi, il pourrait être requalifié en contrat de travail à durée indéterminée (CDI). Dans certains cas, cela peut aussi ouvrir droit à des dommages et intérêts pour le stagiaire concerné.

Autre mesure importante, le contrat de stage est exempté de droits de timbre et de frais d’enregistrement, afin de faciliter son établissement.

Une volonté de lutter contre les abus

Ces nouvelles dispositions apparaissent comme une réponse aux nombreuses critiques formulées ces dernières années sur les conditions de stage dans certaines structures. De nombreux jeunes dénonçaient des stages prolongés sans rémunération, des tâches ne correspondant pas à leur formation ou encore l’absence totale d’encadrement pédagogique.

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Avec ce nouveau cadre juridique, l’objectif est de rappeler qu’un stage doit avant tout être une période d’apprentissage et non une main-d’œuvre déguisée à moindre coût.

Les autorités souhaitent également responsabiliser les entreprises en les obligeant à mieux encadrer les stagiaires et à respecter leurs engagements.

Le contrat d’apprentissage aussi concerné

Le nouveau Code du travail apporte également des précisions importantes sur l’apprentissage professionnel. Le contrat d’apprentissage est défini comme une convention par laquelle une personne appelée maître d’apprentissage s’engage à donner une formation professionnelle méthodique et complète à un apprenti. Le texte insiste sur la transmission du savoir-faire et sur le respect des usages et pratiques du métier concerné.

En retour, l’apprenti doit respecter les consignes reçues et exécuter les tâches liées à sa formation.

Une protection pour les maîtres d’apprentissage

Le nouveau dispositif prévoit aussi des garanties pour les maîtres d’apprentissage. Ainsi, un employeur qui recrute un apprenti lié à un maître sans son accord pourra être contraint de verser des dommages et intérêts. Cette mesure vise à éviter le “débauchage” d’apprentis après leur formation.Toutefois, le texte précise que l’employeur peut être exempté de sanctions s’il apporte la preuve de sa bonne foi.

Au-delà des stages et de l’apprentissage, le nouveau Code du travail introduit plusieurs changements majeurs dans l’organisation du travail au Burkina Faso.

Le texte prend notamment en compte les nouvelles réalités professionnelles comme le télétravail, les emplois temporaires ou encore les plateformes numériques.

Il renforce également certaines protections des travailleurs, encadre davantage les contrats à durée déterminée et introduit de nouvelles dispositions contre certaines formes d’abus en milieu professionnel. À travers cette réforme, les autorités burkinabè ambitionnent de moderniser le cadre légal du travail et d’adapter la législation aux évolutions économiques et sociales du pays.

Burkina Média

One thought on “Burkina Faso : ce que change le nouveau Code du travail pour les stages et l’apprentissage.

  1. Vraiment pertinent, il faut également insister sur la rémunération des stagiaires car un stage qui doit duré 3mois et renouvelable 1 fois d’où 06 mois. Sens rémunération vraiment et surtout dans les institutions public et parapublic. Je suis un témoin vivant.

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