« Je suis Aziza Sawadogo, restauratrice et dolotière ». C’est avec cette simplicité assumée et un large sourire que la promotrice du Festival des Mets Locaux nous accueille. Pour la deuxième année consécutive, elle réunit passionnés de cuisine traditionnelle, curieux et défenseurs du “consommer local” autour des saveurs authentiques du Burkina Faso.
Un festival pour promouvoir le bio et le terroir
« Notre objectif, c’est de mobiliser les gens à venir découvrir nos plats, les plats du terroir, et notre fameux dolo », explique-t-elle avec fierté. Loin des assiettes standardisées, Aziza milite pour une alimentation saine, locale et bio : « Sensibiliser les gens à manger bio, tout ce qui est bio. Parce que c’est tout ce qui est bio qu’on fait ici. Nous sommes dans le local. »
Et du local, il y en a ! Des plats à la fois rares et raffinés : « Il y a la pintade au dolo, la pintade au rabilée, la pintade au soumbala… On a aussi le Zamnée, le Yhonnn, le Koumvãndo, la sauce de feuilles de Kēgla, de balanites, le to de feuilles de haricot, le to de sorgho rouge, le to de maïs… »
Côté boissons, la tradition se perpétue : dolo de petit mil, de maïs, de sorgho rouge, de sorgho blanc, et même le fameux tôossée, cette boisson ancestrale aux saveurs rustiques.

Une passion familiale devenue innovation personnelle
Aziza ne cache pas son émotion en évoquant ses débuts : « Dès mon bas âge, j’aimais beaucoup les mets locaux, parce que maman faisait de la restauration, côté mets locaux. » Mais si elle a hérité du savoir-faire de sa mère, Aziza a aussi su innover : « Les plats que j’ai mis en place ne viennent pas tous d’elle. Par exemple, la pintade au dolo, ça, c’est mon plat. C’est une spécialité que je fais. »
Une deuxième édition marquée par la reconnaissance
« Je suis à ma deuxième édition, je rends grâce. L’année passée et cette année, il y a une grande différence », confie-t-elle, visiblement émue. Elle se dit fière du chemin parcouru : « Tout début n’est pas facile, mais on va tenir bon. »
Le festival ne se limite pas à la gastronomie. Il met également à l’honneur les produits artisanaux comme les pagnes dàfâni, le koko donda, ainsi que les produits transformés : biscuits de petit mil, de sorgho rouge, miel, potasse, et bien d’autres encore.

Un message fort à la jeunesse
Aziza termine avec un appel vibrant à la jeunesse burkinabè : « Je peux dire que c’est à encourager, parce que ces deux derniers temps-là, les enfants s’intéressent à nos mets locaux. Avant, ce n’était pas comme ça, hein. Mais maintenant, la plupart même de nos clients qui viennent, c’est : “Haa, mon enfant aime le Zamnée, mon enfant aime le Yhonnn”… Déjà même, on est content, c’est une amélioration. »
Aziza Sawadogo incarne la fierté d’un patrimoine culinaire riche et vivant. À travers son festival, elle invite chacun à renouer avec les saveurs de son enfance et à découvrir, dans chaque bouchée, l’âme du Burkina.
Judith Stéphanie BARRO
Abdoul Azir ILBOUDO.
