Présidentielle au Bénin : la CEDEAO sort l’artillerie lourde pour encadrer le vote.

À l’approche de la présidentielle du 12 avril, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest(CEDEAI) a déployé un dispositif d’observation rarement vu au Bénin. Plus de 95 experts mobilisés pour suivre un scrutin qui s’annonce sensible.

À la tête de cette mission, l’ancien président ghanéen Nana Akufo-Addo, arrivé à Cotonou le 8 avril. Autour de lui, une équipe mixte composée de 80 observateurs à court terme pour le jour du vote, et une quinzaine d’experts déjà sur le terrain depuis plusieurs semaines.

Une surveillance à deux niveaux

Les observateurs déployés pour quelques jours vont couvrir les bureaux de vote et suivre le déroulement du scrutin. En parallèle, des spécialistes travaillent en profondeur sur des sujets sensibles tels que le cadre légal, médias, sécurité, prévention des conflits, ou encore inclusion. À ces équipes s’ajoutent 25 jeunes professionnels, intégrés au dispositif. Au total, plus d’une centaine de personnes sont réparties à travers le pays.

Un climat politique sous pression

Ce déploiement massif n’est pas un hasard. Le Bénin aborde cette élection dans un contexte tendu, notamment marqué par les controverses des scrutins précédents et un espace politique de plus en plus restreint. Le face-à-face annoncé oppose Romuald Wadagni, candidat du pouvoir, à Paul Hounkpè, dans une opposition affaiblie après l’exclusion de plusieurs figures majeures. Près de 7,9 millions d’électeurs sont appelés à voter dans quelque 17 500 bureaux.

Une mission sous surveillance elle aussi

Pour la CEDEAO, l’objectif est d’éviter les débordements et garantir un minimum de transparence. Mais derrière, c’est aussi sa propre crédibilité qui est en jeu. Nana Akufo-Addo assure que l’organisation veut accompagner un scrutin « pacifique et conforme à la volonté populaire ». Reste une inconnue de taille à savoir l’acceptation des résultats, surtout si le processus est contesté.

Des limites bien réelles

Malgré l’ampleur du dispositif, tout ne sera pas simple. Le nombre d’observateurs reste relativement faible face à l’étendue du territoire, notamment dans certaines zones sensibles du nord. Le calendrier pose aussi question. La campagne s’achève à peine deux jours avant le vote, ce qui laisse peu de temps pour corriger d’éventuelles failles.

Avec cette mission, la CEDEAO joue gros. Sa capacité à produire une observation crédible, sans complaisance, sera scrutée de près. Car au-delà du Bénin, c’est aussi son rôle dans la gestion des crises politiques en Afrique de l’Ouest qui se joue.

Burkina Média

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