Les système dit de « corridor et taagraogo » continuent de faire des victimes dans plusieurs localités du Burkina Faso.
Présenté comme un mécanisme de solidarité financière, il consiste à regrouper des cotisations mensuelles entre membres afin que chacun puisse, à tour de rôle, encaisser la totalité de la somme collectée.
Si certains groupes fonctionnent normalement, d’autres se révèlent être de véritables pièges. Derrière la promesse d’un soutien financier rapide, des promoteurs peu scrupuleux disparaissent parfois avec l’argent des cotisants.
À Pô, Adouabou (nom d’emprunt), l’une des victimes, a accepté de témoigner au micro de Burkina Média. Elle explique avoir adhéré au système dans l’espoir de renforcer son petit commerce.
« Au début, j’ai cru pouvoir participer à cette cotisation et prendre à mon tour afin de pouvoir renforcer mon commerce. Malheureusement, les promoteurs sont revenus nous dire qu’ils ont été victimes d’un vol à leur siège à Ouagadougou. Ils ne pourront donc pas respecter leurs engagements. Ce qui m’a convaincue, c’est qu’ils avaient leur bureau dans la ville de Pô. Je me suis donc dit qu’ils étaient sérieux », raconte-t-elle.
Pour cette commerçante, cette cotisation représentait son dernier espoir. Elle y investissait presque tout ce qu’elle gagnait, dans l’ambition de développer son activité et d’améliorer ses conditions de vie.
Elle affirme ne pas être la seule victime.
Selon son témoignage, des habitants d’autres localités comme Tiébélé, Kaya, Songo, Djoro et plusieurs villages environnants auraient également été touchés.
« En tout cas, je suis sûre que ça représente des millions ici », ajoute-t-elle, précisant que l’affaire est désormais entre les mains de la justice.
Ce phénomène prend de l’ampleur et inquiète de plus en plus les populations. Sous couvert de solidarité communautaire, certains systèmes sont montés uniquement pour collecter un maximum d’argent avant de disparaître, laissant derrière eux des familles ruinées, des activités paralysées et une profonde détresse sociale.
Face à la multiplication de ces cas, nous lançons un appel à une réaction ferme des autorités. L’encadrement et la régulation de ces systèmes de cotisation apparaissent aujourd’hui comme une nécessité pour protéger les citoyens, en particulier les plus vulnérables, souvent attirés par l’espoir d’un financement rapide.
Au-delà des poursuites judiciaires en cours, c’est toute la question de la sensibilisation et du contrôle de ces pratiques qui est posée. Derrière chaque arnaque, ce sont des vies, des économies et des rêves qui s’effondrent.
Adama SAWADOGO

