Dans nos traditions, le nom d’une personne n’est jamais un simple mot. Le nom est une identité et une force. C’est la protection même d’une personne. Si l’on ne connaît pas le nom d’une personne, on ne peut rien lui faire. C’est pour cette raison que le nom doit être préservé, protégé et utilisé avec prudence. Dans le monde spirituel, le nom d’un être humain est sacré. Il porte l’âme de la personne. Il la relie à son existence, à sa destinée et à sa protection.
Selon les informations recueillies par Burkina Média auprès de Laalbila Sawadogo, sage de 87 ans et dépositaire des traditions, le nom d’une personne est sacré et doit être utilisé avec beaucoup de prudence.
« Le nom d’un être humain, c’est son âme. Si tu ignores le nom d’une personne, tu ne peux rien lui faire », enseigne le vieux.
Pourquoi la nuit est-elle sensible ?
Laalbila nous enseigne que la nuit est un moment particulier. Pendant la nuit, beaucoup d’esprits, bons comme mauvais, sont en mouvement permanent. Ils circulent, travaillent et se déplacent. « Pendant la nuit, beaucoup d’esprits, bons comme mauvais, sont en mouvement permanent », affirme-t-il.
Parmi ces esprits, il y a : des esprits de sorcellerie, des génis, des démons et des esprits humains comme sègrè (l’esprit d’une personne décédée qui a repris un autre corps pour renaître), Wend Yīr mã (maman du royaume de Dieu), Poorē demba (des subordonnés), des génis jumeaux.
C’est à cause de la présence de ces esprits que nos ancêtres ont interdit d’appeler une personne à haute voix la nuit, surtout à des heures tardives.
Un danger spirituel réel
Grand Père explique que certains de ces esprits peuvent être animés de mauvaises intentions. Lorsqu’un nom est prononcé à haute voix, ils peuvent le capter. Une fois le nom capté, ces esprits peuvent faire des incantations, des invocations ou des rituels, avec pour but de nuire, d’affaiblir ou de sacrifier spirituellement la personne concernée. « Ces esprits peuvent entendre un nom et l’utiliser pour faire des incantations ou des sacrifices spirituels », avertit le sage.
C’est pourquoi, dans nos maisons, on évite d’appeler quelqu’un par son nom la nuit. On préfère murmurer, utiliser un surnom, se rapprocher de la personne ou attendre le matin.
Une règle de protection, pas de peur !
Pour les détenteurs de la tradition, cette interdiction n’est pas une superstition, mais une mesure de protection. Elle vise à préserver l’intégrité spirituelle de la personne et à éviter toute exposition inutile au danger invisible.
Aujourd’hui, avec la modernité et les réseaux sociaux, beaucoup de jeunes ignorent ou méprisent ces enseignements. Pourtant, selon Laalbila Sawadogo, ces règles ont traversé les générations parce qu’elles ont protégé des familles entières.
Un appel à la prudence
Jeunes d’aujourd’hui, respectons les enseignements de nos anciens. Tout n’a pas besoin d’être compris pour être respecté. La prudence est aussi une forme d’intelligence.
Dans le doute, protégez vos proches. Dans le silence de la nuit, laissez les noms dormir !
Les propos contenus dans cet épisode ont été relatés par Laalbila Sawadogo, sage de 87 ans, dépositaire des traditions. Ils ont été transcrits, décortiqués puis développés par Burkina Média.
Par Adama SAWADOGO
Lire ll’épisode précédent⤵️
Les INTERDITS de Nos Maisons – Épisode 6 : Ne te moque jamais de celui qui souffre. La vie change.

