Les INTERDITS de nos Maisons – Épisode 10 : Confier son parent à un centre d’accueil, modernité assumé ou rupture avec nos valeurs ?

Notre société aujourd’hui est confrontée à une réalité qui dérange et divise : le fait de confier la garde d’un parent âgé à un centre d’accueil spécialisé. Un acte devenu courant dans certaines régions du monde.

Mais est-il légitime dans nos sociétés africaines ?

La question mérite d’être posée. Une pratique acceptée ailleurs… mais chez nous ?

En Occident, les maisons de retraite reposent sur un fondement légal et institutionnel. Elles sont considérées comme une solution normale, organisée, parfois même rassurante pour les familles.

Mais en Afrique, et particulièrement dans nos traditions burkinabè, la logique est différente. Chez nous, confier son parent à un centre peut être perçu comme :

  • un désintéressement
  • une fatigue
  • un abandon déguisé
  • une charge dont on veut se libérer

Ce n’est pas une question de malédiction ou de malheur immédiat. C’est une question de valeurs. Le parent n’est pas un fardeau

Selon Moumini SAWADOGO, sage consulté par Burkina Média : « Les parents doivent être bien entretenus par leurs propres enfants jusqu’à leur dernier jour. »

Il insiste : « Quelle que soit la situation de ton parent — maladie, infirmité ou même folie — il faut le garder avec toi. C’est ce qui est bien pour les enfants. Cela crée de la bénédiction pour eux. »

Pour lui, la question ne se discute pas. Un parent vieillissant n’est pas une charge administrative. Il est une responsabilité morale, un devoir sacré.

La bénédiction ne s’achète pas

Moumini SAWADOGO va plus loin : « Ceux qui partent auprès de pasteurs, imams ou féticheurs pour demander la bénédiction jettent leur argent. Les parents sont les vrais détenteurs de la bénédiction. Il faut les mettre à leur place. »

Et il ajoute :

« Un enfant qui veut être béni respecte ses parents et les met à leur place. »

Dans nos traditions, la bénédiction ne vient pas des rituels coûteux. Elle vient du respect. Du soin. De la reconnaissance. Un parent honoré ouvre des portes de bénédiction. Un parent négligé ferme des chemins que l’on ne comprend pas toujours.

Modernité ou détachement ?

Aujourd’hui, la jeunesse invoque souvent :

  • la pression professionnelle
  • l’exiguïté des logements en ville
  • l’émigration
  • les conflits familiaux
  • le manque de moyens

La modernité impose de nouveaux rythmes. Les familles sont éclatées. La solidarité communautaire diminue. Mais la question demeure : la modernité doit-elle effacer nos devoirs fondamentaux ?

Moumini SAWADOGO déplore une jeunesse qui, selon lui, « ne connaît plus la valeur d’un parent, encore moins celle d’une personne âgée ».

Il lance un appel clair : revenez à la maison. Reconsidérez vos parents. Si vous voulez être bénis dans vos activités, ne les négligez pas.

Où allons-nous ?

Mettre un parent dans un centre d’accueil est-il un simple ajustement aux réalités modernes ? Ou sommes-nous en train d’assister à un détachement progressif de nos racines ?

La question n’est pas simple. Elle touche à l’amour, à la responsabilité, à l’honneur et à l’avenir. Une chose reste certaine dans notre culture : vos bénédictions se trouvent auprès de vos parents. Les mettre à leur place,c’est préserver nos valeurs.C’est préserver notre avenir.

Burkina Média

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