Chaque année, le 14 février est célébré dans de nombreux pays comme la fête de l’amour. Au Burkina Faso aussi, cette journée prend de plus en plus d’ampleur, surtout dans les villes. Messages, cadeaux, fleurs, dîners… tout semble organisé autour de cette date.
Pourtant, « beaucoup oublient que cette célébration ne vient ni de notre histoire, ni de nos traditions, ni de nos coutumes ».
La Saint-Valentin est une fête importée avec l’influence occidentale, notamment à travers la colonisation, les religions venues d’Europe et la mondialisation culturelle. C’est ça la réalité.
Avant, nos sociétés africaines avaient déjà leurs propres manières d’exprimer l’amour, le respect, l’engagement et la vie de couple. L’amour ne se limitait pas à un seul jour dans l’année où chacun devrait coûte que coûte l’exprimer avec des cadeaux. Il se vivait dans la durée, dans les actes, dans la responsabilité, dans le respect des familles et des valeurs communautaires.
En Afrique, les unions étaient encadrées par les familles et par la communauté, ce qui permet de stabiliser et de protéger les unions. L’amour se prouvait par le travail, la patience, le soutien mutuel et la capacité à construire ensemble. Rien à voir avec une célébration souvent devenue commerciale, où l’on mesure parfois les sentiments à la valeur d’un cadeau.
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes se sentent obligés de célébrer cette journée pour ne pas paraître « en retard » ou « démodés ». Certains empruntent et dépensent même des sommes importantes alors que leurs besoins essentiels ne sont pas toujours couverts. Cette pression sociale montre à quel point une fête étrangère peut progressivement s’imposer dans les esprits, parfois au détriment de nos propres repères culturels.
Pourtant, notre pays dispose d’un patrimoine culturel riche, solide et porteur de sens. Conscientes de cette richesse et de la nécessité de la préserver, les autorités ont instauré le « 15 mai comme Journée des coutumes et traditions ». Cette date vise à célébrer ce que nous sommes réellement : nos langues, nos rites, nos savoirs, nos valeurs familiales, notre vision de la vie et du vivre-ensemble.
Cette journée est une invitation à se souvenir que notre identité ne doit pas disparaître sous le poids des influences extérieures. Elle encourage les Burkinabè à redécouvrir leurs racines, à transmettre leur héritage aux enfants et à être fiers de leur culture.
Il ne s’agit pas de rejeter tout ce qui vient d’ailleurs ni de condamner ceux qui choisissent de célébrer le 14 février. Le monde est aujourd’hui ouvert, et les échanges entre cultures sont une réalité. Mais il est important de garder l’équilibre, de ne pas oublier qui nous sommes et d’accorder d’abord de la valeur à ce qui vient de chez nous.
Le véritable amour de son pays commence aussi par le respect de sa culture. Honorer nos coutumes, c’est honorer nos ancêtres, notre histoire et les sacrifices qui ont permis à notre peuple d’exister encore aujourd’hui.
Au lieu d’imiter sans réfléchir, il est temps de revenir à l’essentiel : nos racines, nos valeurs et notre identité. Célébrer nos traditions, c’est construire un avenir solide, basé sur ce que nous avons de plus précieux.
Soyons fier de ce que nous sommes car un peuple qui connaît ses racines ne se perd jamais.
Burkina Média
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