Économie – La 2ᵉ édition de la Journée Nationale de l’Investissement d’Impact, l’impact au cœur du financement burkinabè.

C’est dans la salle Kibsa de l’Azalaï Hôtel de Ouagadougou que s’est tenue ce mardi 24 février 2026 la deuxième édition de la Journée Nationale de l’Investissement d’Impact (JNII).

Sous le haut patronage du Ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, l’événement a réuni près de 150 participants dont des investisseurs, des entrepreneurs, des institutions publiques, partenaires techniques et financiers, ainsi que représentants de la société civile autour d’un objectif commun : renforcer et structurer l’écosystème de l’investissement d’impact au Burkina Faso.

Dès son discours d’ouverture, Xavier Bambara, représentant du ministre de l’Économie et des Finances a planté le décor. « Le Burkina Faso est engagé dans une phase décisive de son histoire. Face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux, notre nation a fait un choix clair : celui de la souveraineté, de la responsabilité et de la transformation structurelle de son économie », a-t-il déclaré devant une salle attentive.

Ce discours de souveraineté s’inscrit dans le cadre du tout nouveau référentiel national de développement, le Plan RELANCE 2026-2030, adopté en janvier 2026, dont les quatre piliers sont la sécurité et la cohésion sociale, la refondation de l’État, le développement du capital humain, et la transformation structurelle de l’économie.

Xavier Bambar a précisé que près des deux tiers des financements prévus pour ce plan proviendront de ressources souveraines, traduisant ainsi une philosophie claire « compter d’abord sur nous-mêmes, tout en consolidant les partenariats stratégiques ».

La question centrale des échanges de la journée portait sur la manière de faire de l’investissement d’impact un outil concret au service du développement national. Pour le Ministre, la réponse ne souffre d’aucune ambiguïté. « L’investissement d’impact représente l’instrument stratégique par excellence pour accélérer la transformation productive de notre économie », a-t-il affirmé, soulignant sa capacité à « concilier performance financière et impact social et environnemental mesurable ».

Dans un contexte de raréfaction des ressources concessionnelles, cet instrument est présenté comme un levier majeur pour accélérer l’industrialisation, renforcer la sécurité alimentaire, soutenir les PME structurantes et favoriser l’inclusion financière.

Cette journée a également été l’occasion de dresser un bilan des avancées de l’initiative Impact Investing Burkina Faso, officiellement accréditée en mai 2025 comme Partenaire National du Global Steering Group for Impact Investment, une première pour un pays francophone. Le représentant du ministre s’est félicité de cette distinction, tout en insistant sur les responsabilités qu’elle implique « Nous ne recevrons pas passivement ce statut ; nous entendons démontrer par l’action, que le Burkina Faso peut montrer la voie et inspirer d’autres pays de l’espace francophone et africain. »

Madame Atieno Otonglo, Africa Lead au sein de GSG Impact, pour sa part, a souligné que le Burkina Faso fait preuve d’une résilience économique notable, malgré un contexte difficile, ce qui continue d’attirer l’intérêt des investisseurs.

Elle a indiqué que cette dynamique doit être soutenue par la mise en place de mécanismes d’urgence de mobilisation de fonds, destinés en priorité à accompagner la jeunesse et les femmes burkinabè, considérées comme des acteurs clés du développement économique et social du pays.

Trois panels ont rythmé la journée, abordant successivement le cadre politique et réglementaire de l’investissement d’impact, les mécanismes et véhicules financiers adaptés au contexte burkinabè, et les stratégies d’appui aux PME d’impact. Ils se sont entretenu avec les participants sur les différentes possibilités et modalités qui encadrent le financement des entreprises.

Les panélistes ont également expliqué les mécanismes existants ainsi que les conditions d’accès aux financements, notamment pour les PME. Les échanges ont été jugés fructueux, car ils ont permis aux participants de mieux comprendre les techniques de financement tout en exprimant leurs préoccupations et leurs points de vue sur les défis liés à l’accès aux ressources financières.

Des résultats concrets sont aussi attendus, notamment sur l’étude de cartographie de l’écosystème et le lancement d’une étude de faisabilité pour la mise en place d’un Fonds PME d’impact, conduite conjointement par Néré Capital et Forthinvestment.

Le représentant du ministre a tenu à saluer les pionniers de cette dynamique, Néré Capital, Forth Investment, l’Antenne nationale de la BRVM et a remercié le gouvernement du Japon, dont le soutien financier, à hauteur de 250 000 USD, a permis de financer le projet de renforcement de l’écosystème.

Il a également lancé un appel à l’ensemble des acteurs économiques et financiers encore en marge du mouvement, « Le renforcement de l’écosystème d’impact est une responsabilité collective. Plus nous serons nombreux à y contribuer, plus l’impact sera structurant pour notre économie. »

Xavier Bambara a ainsi déclaré officiellement ouverte cette deuxième édition de la Journée Nationale de l’Investissement d’Impact qui représente selon lui une étape de plus dans la construction patiente, mais résolue, d’une économie burkinabè tournée vers l’impact.

Madame Kristina TORA, Chief of Engagement and Partnership au sein de GSG Impact, qui a intervenu en visio conférence pour sa part, a précisé que le Burkina Faso regorge d’importantes ressources naturelles et humaines, avec une population majoritairement jeune représentant un fort potentiel de développement.

Elle a expliqué que l’un des objectifs majeurs est d’organiser et de structurer des sources de financement adaptées aux entrepreneurs et aux PME, afin de leur permettre de mieux accéder aux capitaux nécessaires à leur croissance. Elle a également insisté sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les banques commerciales, dans le but d’élargir leur portée et de faciliter l’accès au financement des initiatives à impact.

Burkina Média

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