Au Burkina Faso, les conflits liés aux terrains ne cessent de croître, souvent au détriment des plus vulnérables. La justice moderne tranche toujours sur certains cas. Mais il faut noter cependant qu’elle rencontre parfois des difficultés quand à la manifestation de la vérité. Et pourtant, nous avons sous nos pieds, une force ancestrale capable de régler ces litiges en quelques minutes, sans avocats, sans relations et sans argent. Récemment, le gouvernement a franchi une étape majeure en votant une loi reconnaissant la justice traditionnelle comme force publique habilitée à régler certains litiges sociaux.
Et si on confiait le règlement de ces différents à cette puissance coutumière?
Chez nous, la vérité sur la terre ne se cache pas longtemps : en moins de cinq minutes, les anciens identifient le vrai propriétaire, et le menteur n’ose plus respirer. Parfois, un simple plat de haricots partagé entre les protagonistes suffit à sceller la vérité et la paix, et le tour est joué.
Cette justice-là est rapide, efficace, enracinée dans notre culture. Elle pourrait enfin empêcher les puissants de confisquer les terres de ceux qui n’ont ni argent, ni relations, ni avocats.
Ce mécanisme traditionnel présente un avantage fondamental : il protège les faibles contre les puissants. Trop souvent, les riches exploitent les lenteurs du système moderne pour s’emparer des terres des pauvres. La reconnaissance officielle de la justice traditionnelle pourrait inverser cette tendance et redonner aux communautés un contrôle réel sur leurs biens.
Par Adama SAWADOGO, directeur des publications

