Accusations de sorcellerie contre une femme reçue au Palais présidentiel : des organisations montent au créneau.

Plusieurs organisations de la société civile ont dénoncé avec fermeté les accusations de sorcellerie visant une femme du monde rural reçue au Palais présidentiel à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Dans une déclaration publique rendue le 14 mars 2026 à Ouagadougou, elles condamnent des propos jugés diffamatoires et appellent à y mettre fin.

Les faits remontent au 8 mars 2026, lorsque le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, a reçu au Palais présidentiel un groupe de femmes issues du monde rural dans le cadre de la célébration de la Journée internationale des droits des femmes. Pour les organisations signataires, cette rencontre constituait un geste symbolique fort de reconnaissance envers ces femmes qui jouent un rôle essentiel dans la société et l’économie du pays.

Mais après cet événement, des vidéos et commentaires diffusés sur plusieurs plateformes et réseaux sociaux ont accusé l’une des participantes de pratiquer la sorcellerie. Une situation qui a rapidement suscité l’indignation de plusieurs acteurs de la société civile.

Dans leur déclaration, les organisations dénoncent la propagation de ces contenus qui, selon elles, alimentent des stéréotypes persistants et portent gravement atteinte à la dignité et à la réputation de la femme visée. Elles rappellent également que la législation burkinabè réprime ce type d’accusations.

L’article 514-1 du Code pénal considère en effet comme une infraction toute imputation de faits de sorcellerie ou de phénomènes surnaturels qui ne peuvent être prouvés matériellement ou scientifiquement et qui portent atteinte à l’honneur, à la réputation ou à la sécurité d’une personne.

Les signataires soulignent en outre que la diffusion de ces accusations sur les réseaux sociaux peut également exposer leurs auteurs à des poursuites pour d’autres infractions, notamment la diffamation, l’injure publique ou encore le cyberharcèlement.Face à cette situation, les organisations disent leur indignation et condamnent des actes qu’elles qualifient de « honteux et profondément rétrogrades ».

Elles invitent les autorités compétentes à se saisir de ces faits qui, selon elles, vont à l’encontre des efforts engagés pour la promotion et l’épanouissement des femmes au Burkina Faso. Les auteurs de ces publications sont également appelés à retirer immédiatement les contenus concernés des réseaux sociaux.

Par ailleurs, les organisations encouragent les citoyens et les acteurs de la société civile à dénoncer systématiquement ce type de pratiques auprès des autorités compétentes.

Enfin, elles ont exprimé leur solidarité et leur compassion envers les femmes victimes de telles accusations, tout en se disant disponibles pour leur apporter un accompagnement psychosocial et juridique si nécessaire. La déclaration est signée par plusieurs responsables d’organisations, dont Annick Kussoubé, W. Cécile Thiombiano, Antoinette Kanzie, Ali Kagambega et Aminata Sanou.

Burkina Média

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