Burkina Faso : Faso SANU, médecine traditionnelle et réformes sportives au menu du Conseil des ministres.

Le Conseil des ministres du jeudi 5 novembre 2026, présidé à Ouagadougou par le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a adopté plusieurs textes portant sur la réorganisation du secteur minier artisanal, la restructuration du système de santé et le développement des activités sportives. Parmi les principales décisions figurent la création de la société d’État Faso SANU et celle de l’Agence burkinabè de médecine traditionnelle.

Selon le compte rendu de la Direction de la communication de la Présidence du Faso, ces décisions s’inscrivent dans les orientations de la Révolution progressiste populaire (RPP).

Mines : Faso SANU créée pour accompagner la réorganisation de l’exploitation artisanale

Au titre du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières, le Conseil a adopté trois décrets relatifs à l’assainissement du secteur minier artisanal.

Le premier fixe les conditions et les modalités de réorganisation de l’exploitation des sites miniers illégaux, notamment ceux faisant l’objet de conflits ou présentant un caractère stratégique pour l’État. Selon le ministre Yacouba Zabré Gouba, cette mesure vise à instaurer un climat plus apaisé et à améliorer l’organisation de l’exploitation artisanale de l’or.

Le ministre a également rappelé que l’emploi des enfants sur les sites miniers est interdit et que les contrevenants s’exposent à l’application rigoureuse des dispositions du Code minier.

Le deuxième décret porte création de Faso SANU, une nouvelle société d’État dont la dénomination signifie « or » en langue dioula. Cette structure doit servir de bras technique à l’État dans la réorganisation du sous-secteur minier artisanal et contribuer à la mise en œuvre des mesures prévues pour les sites concernés.

Son capital sera réparti à parts égales entre la Société nationale des substances précieuses (SONASP), qui détiendra 50 %, et le Trésor public, avec les 50 % restants. Le troisième décret adopté porte approbation des statuts de cette nouvelle société.

Santé : une nouvelle organisation administrative et territoriale

Le Conseil des ministres a également adopté un décret modifiant l’organigramme du ministère de la Santé. Cette réforme vise à adapter le fonctionnement du département au nouveau découpage territorial et à la mise en place des Centres médicaux communaux (CMC).

Présentée par le ministre Robert Lucien Jean-Claude Kargougou, la restructuration prévoit notamment la création d’un Secrétariat général adjoint chargé de superviser les structures hospitalières et les sociétés d’État relevant du ministère.

Elle introduit également de nouvelles structures spécialisées, dont le Secrétariat permanent du Conseil national de lutte contre le sida, les infections sexuellement transmissibles, les hépatites virales et la tuberculose, ainsi qu’un Secrétariat technique pour l’intelligence sanitaire.

Parmi les innovations annoncées figurent la création du Faso Center for Disease Control and Prevention (Faso CDC) et de l’Agence burkinabè de médecine traditionnelle. Cette dernière traduit la volonté de donner un cadre institutionnel plus structuré à la médecine traditionnelle et de valoriser les savoirs médicaux nationaux.

La réforme prévoit par ailleurs un renforcement de la présence administrative et sanitaire dans les territoires, à travers la création de directions provinciales de la Santé et de centres hospitaliers provinciaux.

Dans le même mouvement de rationalisation des structures, le décret prévoit la dissolution de la Société de gestion d’équipements et de maintenance biomédicale (SOGEMAB) ainsi que du Secrétariat technique chargé de la multisectorialité pour la nutrition.

Sports : vers une refonte du cadre juridique

Au titre du ministère des Sports, le Conseil a adopté un projet de loi portant développement des activités sportives. Ce texte vise à revoir et à compléter le cadre juridique établi par la loi n°050 portant orientation du sport et des loisirs, adoptée en 2019.

Selon la ministre Annick Lydie Djouma Pikbougoum/Zingué Ouattara, cette relecture entend mieux aligner les ambitions nationales sur une vision et un plan d’action concertés, afin de faire du sport un levier de développement socioéconomique.

Le projet de loi comporte plusieurs innovations. Il prévoit notamment un renforcement de la protection sociale et salariale des sportifs, avec la recherche d’une rémunération décente. Il introduit également le principe d’une autorisation gouvernementale préalable pour la participation des équipes nationales aux compétitions internationales.

Le texte prend aussi en compte le sport pratiqué par les personnes vivant avec un handicap et prévoit un renforcement des dispositions relatives à la santé des athlètes et à la lutte contre le dopage.Adopté en Conseil des ministres, ce projet de loi devra suivre la procédure législative avant de pouvoir entrer en vigueur.

Des réformes dans plusieurs secteurs stratégiques

À travers les décisions prises lors de cette session, le gouvernement engage des changements institutionnels dans trois domaines importants : l’exploitation minière artisanale, l’organisation du système de santé et l’encadrement des activités sportives.

La création de Faso SANU doit donner à l’État un nouvel outil d’intervention dans le secteur aurifère artisanal. Dans le domaine sanitaire, la mise en place de nouvelles structures spécialisées et le renforcement du maillage territorial constituent les principaux axes de la réorganisation. Quant au secteur sportif, il pourrait connaître une évolution de son cadre juridique, sous réserve de l’adoption définitive du projet de loi.

Source : Présidence du Faso

Burkina Média

2 thoughts on “Burkina Faso : Faso SANU, médecine traditionnelle et réformes sportives au menu du Conseil des ministres.”

  1. J’apprécie Burkina média dans ses diffusion. L’approche de la création de Faso SANU soulage mes préoccupations. Merci

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