Entrepreneuriat : de Dubaï au Burkina, le pari de Mr Autoservice pour connecter les marchés africains.

Abdoul-Djalilou-KABORÉ Mr Autoservice

Entrepreneur burkinabè installé à Dubaï, Kaboré Abdoul Djalilou, connu sous le nom de Mr Autoservice, évolue dans le commerce international de véhicules. De Dubaï à l’Afrique, il développe une activité qu’il souhaite davantage structurer pour créer des passerelles entre plusieurs marchés. Dans cet entretien accordé à Burkina Média, il revient sur son parcours, les réalités du commerce automobile international, le rôle de la diaspora dans le développement économique du Burkina Faso et ses ambitions.

Burkina Média : Qu’est-ce qui vous a poussé à vous lancer dans l’entrepreneuriat automobile ?

Kaboré Abdoul Djalilou : J’ai décidé de me lancer dans l’entrepreneuriat automobile lorsque j’ai compris le potentiel du commerce international de véhicules entre Dubaï, les grands marchés d’approvisionnement et l’Afrique. J’ai constaté qu’il existait une forte demande, mais également un besoin d’accompagnement sérieux, de transparence et de fiabilité. Mon objectif a donc été de construire une activité capable de faciliter l’accès aux véhicules et de créer un pont commercial entre plusieurs marchés.

Quelles ont été les principales difficultés rencontrées avant de développer votre activité à Dubaï ?

Les principales difficultés ont été de construire un réseau fiable, de bien maîtriser les procédures d’achat, de documentation et de logistique internationale, mais surtout de gagner la confiance des clients qui achètent parfois à distance. Dans ce secteur, une erreur dans les documents, le choix du véhicule ou l’organisation du transport peut avoir de lourdes conséquences. Il a donc fallu apprendre, structurer les méthodes de travail et développer des relations professionnelles solides.

Que vous a appris votre installation à Dubaï sur l’entrepreneuriat et le commerce international ?

Dubaï m’a appris la rigueur, la rapidité d’exécution et l’importance de travailler avec des standards internationaux. C’est un environnement très compétitif où il faut être sérieux, réactif et capable de s’adapter. J’ai également compris que le commerce international repose beaucoup sur la confiance, la documentation, la logistique et la qualité du réseau professionnel.

Depuis Dubaï, comment percevez-vous les opportunités économiques au Burkina Faso ?

Je pense que le Burkina Faso possède de nombreuses opportunités, notamment dans le commerce, la logistique, les services, le numérique et l’entrepreneuriat. Il existe une population jeune, dynamique et ambitieuse. Avec davantage de passerelles entre les entrepreneurs locaux, la diaspora et les investisseurs, de nombreuses activités pourraient être développées et structurées durablement.

Quel rôle la diaspora peut-elle jouer dans le développement économique du Burkina Faso ?

La diaspora peut apporter des investissements, mais pas seulement. Elle peut aussi apporter des compétences, des méthodes de travail, des réseaux internationaux, de nouvelles technologies et une meilleure connaissance de certains marchés étrangers. Les entrepreneurs de la diaspora peuvent devenir des ponts entre le Burkina Faso et les grands centres économiques internationaux, tout en créant des opportunités pour les jeunes et les entreprises locales.

Abdoul Djalilou KABORE

Quels sont les principaux défis du commerce automobile entre les marchés internationaux et l’Afrique ?

Les principaux défis concernent la logistique, les délais, les formalités douanières, la qualité et la conformité des véhicules, la documentation ainsi que la confiance entre l’acheteur et le vendeur. Les marchés sont éloignés les uns des autres. Il faut donc une organisation très rigoureuse pour sécuriser chaque étape, depuis la recherche du véhicule jusqu’à son acheminement.

Comment construisez-vous la confiance avec des clients qui achètent parfois leurs véhicules à distance ?

La confiance se construit par la transparence et la communication. Nous essayons de donner au client le maximum d’informations sur le véhicule, les documents, les différentes étapes de l’achat et de l’acheminement. Les outils numériques et les réseaux sociaux nous permettent également de présenter les véhicules, d’échanger directement avec les clients et de maintenir un suivi régulier. Pour moi, la confiance se gagne surtout en respectant les engagements pris.

Où souhaitez-vous voir Mr Autoservice dans les prochaines années ?

Je souhaite continuer à structurer et développer Mr Autoservice afin d’en faire une activité automobile internationale encore plus solide, capable de connecter plusieurs marchés d’approvisionnement comme Dubaï, la Chine et les États-Unis avec différents pays africains. L’objectif est de renforcer notre réseau, notre organisation logistique et notre présence internationale tout en conservant une relation de proximité avec nos clients.

Quelle place le Burkina Faso occupe-t-il dans cette vision ?

Le Burkina Faso occupe une place importante dans ma vision à long terme. Nous souhaitons renforcer progressivement les liens avec le pays, développer des partenariats et étudier les meilleures possibilités pour faciliter davantage les échanges commerciaux et les services liés à l’automobile. Nous voulons avancer de manière structurée et durable, en fonction des opportunités et des besoins réels du marché.

Quel conseil donneriez-vous à un jeune Burkinabè qui souhaite entreprendre mais hésite encore à se lancer ?

Je lui dirais de commencer par apprendre, d’observer son marché et de ne pas attendre que toutes les conditions soient parfaites. Il faut commencer avec les moyens disponibles, rester discipliné, travailler sérieusement et accepter d’apprendre de ses erreurs. Il ne faut pas rechercher uniquement un résultat rapide : il faut construire une réputation, une compétence et une vision sur le long terme.

Au-delà des véhicules et du commerce, quelle trace souhaitez-vous laisser en tant qu’entrepreneur burkinabè de la diaspora ?

J’aimerais montrer qu’un entrepreneur burkinabè peut partir de son pays, évoluer dans un grand centre économique international comme Dubaï et créer des passerelles utiles avec l’Afrique. Si mon parcours peut encourager d’autres jeunes Burkinabè à entreprendre, à croire en leurs capacités et à développer des projets capables de créer de la valeur au pays, ce sera déjà une grande satisfaction.

Entretien réalisé par Burkina Média

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