Les INTERDITS de nos Maisons – Épisode 8 : chez les Mossi, dormir les pieds vers la porte, c’est marcher vers son dernier voyage.

Beaucoup d’entre nous ont déjà entendu cette phrase à la maison sans vraiment comprendre son sens. « Tourne-toi, on ne dort pas les pieds vers la porte ! ». Mais comme on était petits, on obéissait sans toujours comprendre.

Aujourd’hui, certains pensent que ce sont de vieilles croyances dépassées. Des habitudes qui n’ont pas de sens ou aucune importance. Et pourtant, derrière cette règle, il y a un sens profond. Interrogé par Burkina Média, le sage Laalbila Sawadogo explique calmement :

« Chez nous les Mossi, on ne dort pas les pieds tournés vers la porte. Cela signifie un départ définitif. Le seul moment où tes pieds tournent vers ta porte, c’est ton dernier jour. Voilà pourquoi on ne transporte pas un mort la tête en avant. C’est toujours les pieds en avant. Signe du dernier demeure. »

Ses mots si simples mais trop forts nous rappellent que chez les Mossi, les règles coutumières sont des fois trop catégoriques et ont un impact à court ou à long terme. Il faut surtout les respecter !

Dans la tradition mossi, quand une personne quitte ce monde, elle sort de la maison les pieds en avant. Jamais la tête. Les pieds dirigés vers la porte symbolisent le dernier départ, le moment où l’on ne revient plus.

Alors dormir ainsi, ce n’est pas sans sens. C’est prendre, sans le vouloir, la position de celui qui part pour toujours.

Mais le vieux a tenu à préciser également : « Cet interdit n’a pas de conséquences directes qui s’abattent sur ceux qui ne le respectent pas, mais c’est une norme coutumière de nos ancêtres. Voilà pourquoi nous enseignons toujours aux gens de la respecter s’ils veulent se conformer à nos règles coutumières. »

Elle ne constitue donc pas une menace ou une malédiction mais plutôt une règle de respect, un rappel discret que nos maisons ont une mémoire. Que nos gestes ont un sens.

Il ajoute aussi une chose importante : « Chez les Peuhls par exemple, il n’y a généralement pas cet interdit. Cela ne concerne pas tous les ethnies. »

Cela veut dire que chaque peuple a ses codes. Chaque tradition a son histoire. Ce que cela nous apprend, ce n’est pas la peur mais le respect. Le respect des symboles, des ancêtres, de ce qui a construit nos familles avant nous. Parfois, une simple position dans un lit raconte toute une norme traditionnelle.

Nos coutumes sont des repères qui nous guident. Les comprendre, c’est honorer ceux qui nous ont précédés. Les transmettre, c’est préparer ceux qui viendront après nous. À la semaine prochaine pour un nouvel épisode des interdits de nos maisons.

Burkina Média

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