Systèmes de Ponzi : après 5M, le fléau continue de faire des ravages au Burkina Faso

Malgré les nombreuses alertes, les systèmes de Ponzi continuent de faire des victimes au Burkina Faso, en particulier chez les jeunes en quête de solutions rapides face au chômage et à la précarité.

Ces plateformes, souvent présentées comme des opportunités d’investissement ou de parrainage en ligne, promettent des gains rapides. L’inscription commence parfois à 3 000 FCFA, avec la possibilité de gagner des commissions sur chaque filleul enregistré et sur toutes les transactions effectuées par les personnes parrainées. Certaines annonces vont jusqu’à promettre des gains de plusieurs millions de FCFA.

Mais la réalité est bien différente.

« On nous a fait croire qu’en invitant seulement quelques personnes, on pouvait changer de vie. J’ai investi mes économies et, du jour au lendemain, la plateforme a disparu », témoigne Moussa Thiombiano, un jeune victime du système.

Selon plusieurs personnes interrogées par Burkina Média, ces plateformes fonctionnent toutes de la même manière : elles attirent massivement les utilisateurs, collectent de fortes sommes, puis disparaissent sans laisser de traces.

« J’ai vu des gens gagner au début, ça donnait confiance. Mais quand l’argent est devenu beaucoup, tout s’est arrêté. Plus de service client, plus de site, plus rien », explique Alfred Yanogo.

Autre inquiétude majeure : ces réseaux frauduleux utilisent les moyens de paiement des opérateurs de téléphonie mobile, ce qui rassure les utilisateurs et facilite les transactions.

« Quand on voit que ça passe par mobile money, on se dit que c’est sérieux. Pourtant, c’est là que beaucoup se font piéger », confie Binta Zoungrana, commerçante et mère de famille.

Le manque d’opportunités économiques et d’emplois pousse de nombreux jeunes à s’engager dans ces pratiques risquées, espérant une amélioration rapide de leurs conditions de vie. Malheureusement, beaucoup finissent endettés et découragés.

Face à la persistance de ce phénomène, l’intervention des autorités est vivement attendue. La Brigade Centrale de Lutte Contre la Cybercriminalité (BCLCC) est interpellée afin de renforcer les contrôles, identifier les promoteurs de ces plateformes frauduleuses et protéger les citoyens.

Au-delà de la répression, la sensibilisation reste essentielle. Car, comme le rappellent plusieurs victimes, les systèmes de Ponzi ne profitent jamais à la majorité, mais seulement à quelques-uns, au détriment de nombreux Burkinabè.

Par Adama SAWADOGO

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