Au Burkina Faso, il y avait une chose que l’on apprenait très tôt : on ne laisse pas l’autre seul dans ses soucis. Quand un voisin avait un problème, on s’en préoccupait. Quand une famille traversait un moment difficile, on passait la voir, la consoler puis l’apporter le maximum d’aide que nous pouvons. Pas parce qu’on y gagnait quelque chose, mais parce que c’était normal. Nos grands parents ont bataillé pour instauré cette société humaniste. Dans nos quartiers et nos villages, on se connaissait. On se saluait. On partageait le peu que l’on avait. L’enfant de l’autre était aussi un peu le nôtre. L’ancien conseillait, et on l’écoutait. C’est comme ça que nous avons grandi.
Aujourd’hui, beaucoup de choses ont changé dans nos habitudes.
Aujourd’hui, la vie va vite. Chacun court après ses soucis. On se croise sans se parler. On vit parfois tout près les uns des autres, mais très loin dans les cœurs. Sans toujours s’en rendre compte, on s’éloigne. Et dans tous ça, certains ont le courage de normaliser ces actes. Et beaucoup pensent que c’est la nature du monde moderne. Dans les villes, certains ne manquent pas de dire : »time is money », pour dire que le temps, c’est de l’argent.
La solidarité est le fondement d’une forte société
Pourtant, une chose reste vraie : personne ne peut avancer seul très longtemps. Quand on ne se soutient plus, la vie devient plus dure pour tout le monde. La solidarité n’est pas une faiblesse, c’est une force. Elle aide à tenir quand tout devient compliqué.
Il ne s’agit pas de revenir en arrière ni de refuser le monde d’aujourd’hui. Il s’agit simplement de ne pas oublier l’essentiel. Un sourire, une écoute, un coup de main peuvent faire une grande différence : sauver une âme en perte d’espoir, éviter une vie de sombrer, sauver une famille du manque. Nos valeurs ne sont pas vieilles. Elles sont vivantes, tant que nous les pratiquons. Chaque fois que nous aidons, partageons ou protégeons, nous faisons vivre ce qui nous unit.
Le Burkina Faso s’est toujours relevé grâce à ses femmes et ses hommes, ensemble. Et c’est encore ensemble que nous irons loin.
Adama SAWADOGO

