Autrefois, la parole donnée valait plus qu’un engagement écrit. Un homme n’avait pas besoin de signer un document pour être cru. Sa parole suffisait. Elle valait contrat, elle valait garantie. Revenir sur sa parole exposait à la honte, à la perte d’honneur et parfois à des sanctions sociales lourdes. La parole donnée était sacrée.
Dans nos traditions, donner sa parole, c’est se lier, non seulement à son interlocuteur, mais aussi à sa famille, à sa communauté et aux ancêtres. Il fut un temps où, au Burkina Faso, la parole suffisait. Un homme parlait, et l’affaire était scellée. Une promesse était faite, et personne n’osait la trahir.
La parole donnée n’a plus de sens
Aujourd’hui, cette valeur sacrée est banalisée. Des promesses non tenues, des engagements bafoués, des paroles lancées à la légère : la société burkinabè fait face à une crise de crédibilité. Dans les affaires, en politique, dans les relations sociales et même familiales, la parole perd son poids. Le papier a remplacé l’honneur. La signature a remplacé la conscience. Et même cela ne suffit plus. Et on le fait dans la plupart du temps, sans être inquiété, de peur de perdre sa dignité, sa réputation et son honneur.
Ce glissement n’est pas sans conséquence !
Cette valeur sacrée héritée de nos ancêtres qui disparaît progressivement nous expose à toute forme d’humiliation et de perte d’identité. Un peuple qui banalise la parole donnée fragilise ses propres fondations. Car sans confiance, il n’y a ni cohésion sociale, ni développement durable. La parole est le socle invisible qui soutient toute société organisée.
Il est temps de nous interroger :
Quel Burkina voulons-nous laisser aux générations futures ?
Un pays où la parole est un outil de manipulation, ou un pays où elle reste un engagement sacré ?
Nous appelons à une prise de conscience collective. Car un peuple qui perd le sens de la parole perd une partie de son âme. Ailleurs le burkinabè est connu pour sa franchise, son intégrité et son sens de battant. Et cette valeur là, doit rester pour toujours.
Adama SAWADOGO

